L’Association des Consommateurs de l’Île Maurice (ACIM) déplore la position du gouvernement d’envisager une hausse du tarif d’autobus, après l’augmentation salariale de 19 % sur trois ans à compter du 1er août prévue pour les employés du secteur du transport. Interrogé par Le Mauricien ce matin, son porte-parole, Jayen Chellum, soutient que « le gouvernement a pris la mauvaise habitude de tout mettre sur le dos des consommateurs ».
Répondant aux questions de la presse lundi après-midi après les consultations tripartites sur la hausse salariale en faveur des employés de la CNT, le ministre du Travail a indiqué qu’une hausse du tarif d’autobus n’est pas à écarter. Shakeel Mohamed a aussi souligné que la revendication initiale de 45 % d’augmentation salariale de la part du corps syndical aurait eu de lourdes conséquences sur le tarif d’autobus si elle avait été acceptée. Car, a-t-il expliqué, toute augmentation de salaire chez la CNT sera étendue au secteur du Transport. Les syndicats de la CNT ainsi que les employés de cette compagnie ont alors consenti, lundi après-midi, à accepter la proposition des autorités d’une hausse salariale de 19 % étalée sur trois ans.
Du côté des usagers du transport en commun, l’idée d’une hausse tarifaire n’est pas bien accueillie. Jayen Chellum, secrétaire de l’Association des Consommateurs de l’Île Maurice, a déclaré au Mauricien, ce matin, que « les consommateurs sont devenus le Punching Bag du gouvernement. Ce dernier a pris la mauvaise habitude de tout mettre sur leur dos ». Il observe que l’augmentation salariale pour les employés de la CNT découle de la hausse de salaire dans la fonction publique, préconisée par la Pay Research Bureau (PRB). Jayen Chellum indique que cette révision salariale a une incidence sur « les employés du secteur privé, qui souhaitent également bénéficier d’une hausse de salaire. » D’où, dit-il, la grogne des employés de la CNT qui a été accentuée par de nombreux incidents au sein de cette entreprise. Jayen Chellum est d’avis que la révision salariale aurait dû se faire différemment, c’est-à-dire « par étapes ».
Pour les employés de la CNT, il est inconcevable que l’augmentation salariale se traduise par une hausse du ticket d’autobus. « Na pa vinn met sa lor nou ledo. Nou pe gagn seki nou ti bizin gagne depi plizier lane. Gouvernman pe profit lor sa pou mont pri bis », ont lancé des employés lors de l’assemblée générale, lundi soir, au Tamil Hall, Vacoas.
D’autre part, certains usagers interrogés estiment qu’une hausse des tarifs de bus est inacceptable. « Nous avons déjà assez de mal à joindre les deux bouts. Comment faire avec une nouvelle augmentation ? »
L’ACIM dit « suivre ce dossier de près ».