À 24 heures de l’entrée en vigueur des nouveaux tarifs du ticket d’autobus, le gouvernement a décidé hier de suspendre temporairement cette augmentation qui, rappelons-le, avait été jugée nécessaire pour compenser la hausse salariale dans le secteur du transport. La révision salariale de 19 % dans ce secteur devait entraîner une majoration de 12% du ticket de bus à partir d’aujourd’hui.
Le vice-Premier ministre et ministre du Transport, Anil Bachoo et celui du Travail, Shakeel Mohamed, se sont une fois de plus retrouvés sur la même table au bureau du ministère des Infrastructures publiques, face à la presse, mais cette fois-ci pour annoncer que la hausse du prix des tickets d’autobus qui devait prendre effet aujourd’hui n’aura pas lieu comme prévu. Vendredi dernier, le Conseil des ministres avait avalisé la hausse du ticket d’autobus, conséquence de la hausse salariale dans le secteur du transport. La rapidité avec laquelle le GM a décidé d’augmenter les tarifs du ticket d’autobus avait surpris plus d’un vu que l’accord officiel portant sur la révision salariale à la CNT n’avait pas encore été signé. Ce qui, à hier, était toujours le cas, conduisant le GM à suspendre l’entrée en vigueur de nouveaux tarifs. Ceux-ci avaient même été affichés par la National Transport Authority (NTA) dans les journaux du matin, avec une majoration en moyenne de 12 %. Par exemple, le plus court trajet pour un passager adulte devait passer de Rs 10 à Rs 12.
La raison de ce changement de dernière minute est le fait que les représentants syndicaux des employés de la Corporation Nationale de Transport (CNT) n’ont pas encore signé l’accord de proposition du GM pour une augmentation salariale de 19 % étalé sur trois ans, a expliqué Anil Bachoo lors de ce point de presse convoqué dans l’urgence en fin d’après-midi hier. Cette hausse salariale devait s’appliquer comme suit : 15 % la première année, 2 % la deuxième année et 2 % la troisième année, un accord qui, rappelons-le devait entrer en vigueur le 1er août et prendre fin en 2016.
Pour sa part, le ministre du Travail, des Relations industrielles et de l’Emploi a expliqué qu’étant donné que les représentants syndicaux de la CNT n’ont pas signé l’accord portant sur la révision salariale, les employés ne pourront pas bénéficier de hausse de 15 % de leurs salaires à la fin du mois d’août. Shakeel Mohamed a demandé aux représentants syndicaux de signer l’accord au plus vite, pour ne pas pénaliser les employés du transport en général. « C’est triste parce que beaucoup de travailleurs attendaient une augmentation pour le mois d’août », dit-il.
L’entrée en vigueur des nouveaux tarifs devra coïncider avec l’acceptation officielle de la hausse salariale par les représentants syndicaux, a fait comprendre le ministre des Infrastructures publiques. « Nous n’avons aucune raison d’augmenter le tarif tant que l’accord n’est pas signé », poursuit Anil Bachoo. Il affirme avoir eu à un moment l’impression que les syndicats avaient accepté la proposition du GM et dit ne pas comprendre ce qui s’est passé par la suite.
À l’heure des questions, Anil Bachoo n’a pas dit si le gouvernement compte revoir à la hausse les subsides accordés aux compagnies de bus sous le programme de transport gratuit aux étudiants et aux personnes âgées. « La question ne se pose pas », s’est-il contenté de dire.