La reprise des négociations ce matin, pour établir la hausse salariale destinée aux employés de la Corporation nationale de transport, s’est déroulée dans une atmosphère des plus tendues. Pour cause le représentant du ministre Bachoo, soit le PS du ministère du Transport, a présenté sur table le chiffre de 8% en guise d’augmentation et proposé le renvoi des autres points à négocier au National Remuneration Board. Compte tenu de la tournure des discussions, avec un litige à l’horizon, décision a été prise d’ajourner la réunion tripartite à cet après-midi en attendant que le gouvernement revoie sa position présentée dans le milieu syndical comme étant « insultante ».
Cette proposition de 8 % du PS du ministère du Transport devait jeter un froid ce matin à la table des négociations surtout que lors du précédent round, le General Manager de la CNT, Robin Soonarane, a expliqué avoir proposé trois scénarios au ministre du Transport Anil Bachoo, soit une augmentation de l’ordre de 47%, 35% ou 25%. Ce revirement de situation devait soulever un véritable tollé syndical surtout que la principale revendication des représentants des travailleurs est une hausse salariale de 47 %. La réunion tripartite devait ainsi être suspendue une première fois pour quelques minutes, avant que l’officier du ministère du Travail, qui préside la séance, ne décide en définitive de reprendre les discussions à 15h30 cet après-midi.
« Cette proposition est une véritable insulte aux travailleurs de la CNT et constitue un manque de respect flagrant tant aux principes de “meaningful negotiations “sous l’Employment Relations Act que du concept de collective bargaining. Nous avons clairement fait comprendre que si l’employeur et le gouvernement campent sur cette position nous allons nous diriger tout droit vers un deadlock. Et en aucun cas nous allons céder ! » affirme Ashok Subron, négociateur de l’Union of Bus Industry Workers (UBIW), après l’ajournement des négociations. Ainsi en attendant la reprise cet après-midi tout porte à croire que des consultations sont à prévoir au niveau du gouvernement et de la CNT en vue d’une éventuelle révision de ce quantum de 8 % et la proposition de référer au National Remuneration Board (NRB) les autres points en rapport avec les conditions de travail. Affaire à suivre au vu de l’enjeu…
Entre-temps, les négociations salariales au niveau des autres compagnies du secteur du transport en commun ont connu des développements ces derniers jours. D’abord le Triolet Bus Service, qui était dans un premier temps réfractaire à s’engager dans des négociations en vue d’une hausse salariale, semble être revenu à de meilleurs sentiments. En effet, la direction de TBS a signifié son intention au corps syndical d’ouvrir les discussions sur une augmentation des salaires de ses employés. La situation est toutefois plus compliquée pour la United Bus Service (UBS) et la Mauritius Bus Transport (MBT). En effet, suite à des consultations avec le State Law Office, la Commission de Conciliation et Médiation (CCM) a rejeté la Labour Dispute déclarée par l’UBIW en vue de « forcer » ces deux compagnies susmentionnées à négocier la question salaire. La CCM a fait comprendre au corps syndical qu’il aurait dû passer par la case Employment Relations Tribunal pour d’éventuelles négociations avec UBS et MBT. De son côté, l’UBIW rejette catégoriquement cette recommandation, avançant qu’il s’agit là « d’une démarche pro-employeur et constitue un chèque en blanc pour que ces compagnies adoptent un delaying tactic ».