Depuis cette fin de semaine, les compagnies d’autobus sont confrontées à un ultimatum des plus délicats dans le cadre du bras de fer engagé avec les syndicats pour une amélioration des conditions d’emploi. En effet, la Bus Industry Workers Union, affiliée à la General Workers Federation, accorde un délai d’une semaine aux compagnies d’autobus pour agréer une révision salariale intérimaire. Devant un éventuel refus du patronat, les activités politiques du 1er mai risquent d’être sérieusement perturbées avec le mot d’ordre syndical pour que les travailleurs exercent individuellement leur droit au jour férié lors de la fête du Travail. Le compte à rebours a commencé.
D’ici lundi, les compagnies engagées dans le transport en commun devront recevoir une lettre officielle indiquant dans les moindres détails les termes de cet ultimatum en vue d’accorder une augmentation intérimaire aux travailleurs de ce secteur en attendant les travaux du National Remuneration Board (NRB). En effet, en début du mois du ministre du Travail et des Relations Industrielles a décidé de référer la question des conditions de travail dans le secteur du transport public au NRB après consultations avec les animateurs du Front Commun Travayer Transport (FCTT).
Ce nouveau move du ministre Shakeel Mohamed, qui a déjà été pris dans la tourmente syndicale pour ses amendements très contestés aux lois du travail, devait provoquer la colère des travailleurs lors de l’assemblée de vendredi soir à Port-Louis. « Les travailleurs du transport en commun considèrent qu’il s’agit d’une manoeuvre dilatoire pour bloquer l’augmentation salariale et les conditions d’emploi pendant les années à venir », dit Ashok Subron, un des animateurs de l’Union of Bus Industry Workers Union (UBIW), dans une déclaration à Week-End.
Cette aile syndicale s’appuie sur les travaux accumulés au niveau du NRB avec les dossiers de certains secteurs, référés en 2007/2008, qui sont toujours en attente de Remuneration Order. Mais l’UBIW et la GWF vont plus loin en affirmant que « la décision de Shakeel Mohamed de référer le dossier du transport au NRB, au lieu d’une négociation collective à l’échelle nationale, vise à permettre au patronat, qui est un des plus grands bailleurs de fonds du régime au pouvoir, de s’engager dans un chantage pour une nouvelle augmentation du ticket d’autobus. Ce qui se passe actuellement dans ce secteur est un exemple flagrant des tentatives de Shakeel Mohamed et de Navin Ramgoolam: verrouiller le processus de collective bargaining et du droit de grève légal permettant au gouvernement d’intervenir en faveur du patronat. »
Le secteur du transport en commun devrait également retenir l’attention pour la fête du Travail avec les travailleurs votant à l’unanimité, vendredi, la motion d’exercer individuellement leur droit au jour férié pour le 1er mai. Cette manoeuvre devrait être exécutée uniquement dans le cas de figure où les compagnies n’accèdent pas à la requête syndicale au sujet de la hausse salariale. Le patronat a jusqu’à midi vendredi. Dans cette perspective, les travailleurs affiliés à l’UBIW se basent sur les dispositions du Government Notice No. 76 of 2008, THE INDUSTRIAL RELATIONS ACT, Regulations made by the Minister under section 96 of the Industrial Relations Act, FIRST SCHEDULE (regulation 3), TRAFFIC SECTION. L’article 3 (2), touchant les public holidays, stipule qu' »any worker who does not wish to perform work on a public holiday shall notify his employer in writing, at least 3 working days in advance, of his intention not to work on that day. » Avec le délai arrivant à expiration vendredi, les travailleurs auront facilement les trois jours de préavis pour leur congé le mercredi 1er mai…
Dans la conjoncture, une éventuelle mise en pratique de cette motion entraînera de lourdes conséquences avec les traditionnels meeting politique du 1er mai. « Les travailleurs du Transport en commun réservent leur droit de célébrer la fête du travail le 1er mai comme n’importe quel autre travailleur. Il est prévu que les travailleurs de ce secteur participent en masse au rassemblement de la GWF à Réduit, Octave Wiehe. Le 1er Mai 2013 risque d’être un des grands jours dans la lutte des travailleurs à Maurice avec l’autoritarisme qui prévaut », conclut Ashok Subron.