L’épreuve de force entre le gouvernement et l’Union of Bus Industry Workers (UBIW) avec la menace d’une grève de protestation d’un jour demain dans le transport en commun attendait en ce début d’après-midi d’être amorcée. Le syndicat des employés des compagnies d’autobus maintient son mot d’ordre de « pa vinn travay dime » jusqu’à contrordre. Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, s’est entretenu au téléphone hier à 17 h avec Ashok Subron, le négociateur de l’UBIW, en demandant un report de cette action industrielle en ajoutant que « des solutions existent à ce problème ». Au sein du syndicat, l’on mise sur une réunion de travail avec le Premier ministre d’ici ce soir en vue de dégager une sortie de crise en évitant le débrayage de demain. Mais à la mi-journée, en l’absence de développement, la mobilisation parmi les quelque 7 000 employés de ce secteur se poursuivait.
« Effectivement, le Premier ministre a pris contact au téléphone pour faire comprendre à l’UBIW qu’il détient une solution au problème dans le transport en commun et que de ce fait, il est nécessaire de reporter la grève à la semaine prochaine », a déclaré Ashok Subron, qui s’appesantit sur le fait que ce litige industriel dans le transport en commun remonte à février de cette année.
« J’ai fait comprendre au Premier ministre que la frustration parmi les salariés dans le transport en commun ne fait que s’accentuer en l’absence de toute décision. La décision d’une action syndicale a été entérinée par l’ensemble des employés syndiqués et que ce sont eux qui doivent décider. J’ai ajouté que du côté de l’UBIW, nous avons également des propositions à faire au gouvernement et l’UBIW a fait un appel au Premier ministre en vue d’organiser une séance au plus tard vendredi avec les dirigeants syndicaux pour désamorcer la situation », poursuit le négociateur syndical.
Mais jusqu’à la mi-journée, le Prime Minister’s Office n’avait renoué aucun contact avec l’UBIW au sujet de cette rencontre du jour. De son côté, Steve Obeegadoo a été porteur d’un message du leader du MMM, Paul Bérenger, aux syndicalistes du transport en commun au sujet d’une solution au problème industriel.
Faute de cette rencontre avec le Premier ministre d’ici ce soir, le mot d’ordre de grève d’une journée demain dans le transport en commun est maintenu et la mobilisation se poursuit. « Nous avons demandé aux employés de respecter la consigne pa vinn travay samdi et nous ne prévoyons pas de mobilisation ou d’attroupements devant les dépôts des compagnies de bus demain matin », souligne Ashok Subron, qui fait un appel à la compréhension du public voyageur.
« Lagrev ki pou ena dime se enn batay pa zis pou travayer transport, me se osi pou drwa tou travayer Moris : pou defann le drwa pou ki tou travayer dan ninport ki sekter ena saler minimal ki preskrir par enn Remuneration Order », soutiennent Ashok Subron et Alain Kistnen, secrétaire de l’UBIW, en rappelant que suite à l’appel du Premier ministre « nou ankor pe atann ziska zordi dernye ler pou enn rankont avek Navin Ramgoolam pou trouv enn solisyon ki rezonab ». « Les travailleurs en commun ne font que défendre leur droit pour un salaire minimal recommandé par une institution indépendante, le NRB », disent-ils.
En conclusion, Ashok Subron et Alain Kistnen font référence à l’action du Dr Maurice Curé, fondateur du Parti travailliste et également Emmanuel Anquetil, Pandit Sahadeo et Guy Rozemont au sujet de la nécessité d’un salaire minimal en 1936. « Travayer transpor pe zis dibout pou defann so drwa a enn saler minimal ki enn institision indepandan inn rekomande. Dan sa konba-la, nou pe inspir nou de bann gran tribun kouma Anquetil, Pandit Sahedeo ek Rozement. Nou rappel travayer moris ki Parti travayis 1936, ti ne pou defann le drwa pou travayer ena enn saler minimal », devaient-ils conclure.