Le bras de fer engagé dans le secteur du transport en commun avec en toile de fond le refus de la publication du rapport du National Remuneration Board, préconisant un salaire minimal pour les employés de ce secteur, prend une nouvelle dimension. D’abord, le vote organisé par l’Union of Bus Industry Workers (UBIW) pour réclamer la mise en application immédiate des recommandations du NRB prend la forme d’un plébiscite avec 90% des employés participant au scrutin en faveur d’actions industrielles, comprenez par là une grève. Ensuite, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, et le leader de l’opposition, Paul Bérenger, ont été sollicités par la direction de l’UBIW pour intervenir et mettre au pas le ministre du Travail et des Relations industrielles, Shakeel Mohamed, vu son attitude face aux demandes des employés du transport en commun.
À ce jour, 1,549 employés sur un personnel de 1,756 de quatre compagnies de transport en commun appuient de manière inconditionnelle la ligne tracée par l’UBIW. Mais le vote pris au sein de la United Bus Service à Port-Louis au cours de la semaine écoulée a valeur de symbole. En effet, un vote massif de 99% des employés votant en faveur de la grève est présenté comme “une gifle politique” au ministre Mohamed. Les employés de trois autres compagnies, soit le Triolet Bus Service (TBS), la Rose-Hill Transport et la Mauritian Bus Transport ont voté massivement en faveur de la publication du rapport du NRB.
En début de semaine, le vote doit être complété au garage du United Bus Service de Forest-Side. Ensuite, ce sera au tour des employés de la Corporation Nationale de Transport (CNT), répartis dans les six dépôts à travers l’île, de se prononcer sur la question, et ce, jusqu’aux 1er et et 2 septembre. Dans les milieux syndicaux, l’on n’hésite pas à souligner que cette ultime étape ne constituera qu’une formalité, surtout après la grève spontanée de ces employés en juin de l’année dernière, forçant les autorités à concéder une hausse salariale intérimaire et à débloquer le verrou sur les procédures du NRB pour une révision salariale.
La conclusion de ces consultations parmi les employés des compagnies de bus dans deux semaines devra faire monter la tension avec le ministre Mohamed en point de mire. Mais déjà, les dirigeants de la UBIW, dont Imzad Beharry, président, Alan Kistnen, secrétaire, et Ashok Subron, animateur, sont passés à l’offensive. Profitant de la rencontre en tête-à-tête de jeudi à Clarisse House, ils ont adressé une correspondance au Pm et au leader de l’opposition pour une intervention en faveur des employés.
Dans la lettre, l’UBIW retrace les principales étapes depuis l’année dernière pour obtenir les recommandations du NRB de février dernier pour l’adoption d’un salaire minimal avec le NRB soutenant que “the number of travelling passengers increased from 133 183 000 to 221 506 000 between the years 2005 and 2013, while the number of employees of the transport sector declined from  8,200 in 2005 to 7800 in 2012.”
Les dirigeants syndicaux dénoncent sévèrement le changement d’attitude du ministre du Travail et des Relations industrielles en prenant pour prétexte l’accord d’août 2013 pour refuser de promulguer des règlements donnant force de loi aux recommandations du NRB. “The Minister cannot, after having created  legitimate expectations from bus transport employees with his reference to Review of Public Transport (Buses) Workers Remuneration Order Regulations, including minimal salaries, refuse to enact the proposed recommendation. Had the Minister decided to exclude minimal salary review by the NRB, at the material time that is when the Agreement was signed, he should have included such a clause in the August 2013 Agreement, after having informed all the parties of such a decision. He cannot, in any reasonable circumstances, after having created a legitimate expectation, refuse to include the NRB minimal remuneration”, s’appesantissent les dirigeants syndicaux dans leurs arguments.
L’UBIW attire l’attention du Pm et du leader de l’opposition que “the way the Minister is acting is tantamount to inflicting a collective punishment to transport workers, due to the spontaneous CNT employees strike of June 2013. A strike, which as explained, was precisely the product of the non-respect of social dialogue and collective bargaining principles.” Ils font un appel pour que justice soit faite au nom de ces 8,000 employés du transport en commun et à leurs familles en faisant comprendre que “the massive participation of more than 90% of transport employees in the UBIW’s secret ballots is only the expression of workers thirst for social justice and for a fair minimal wage to be enforced by the Remuneration Order.”
Affaire à suivre…