L’introduction des bus Semi-Low Floor dans le circuit du transport en commun fait débat. Au sein du public voyageur, les avis sont des plus partagés, mais les usagers ne disposent d’aucune plateforme pour faire entendre leur voix. Toutefois, la Parliamentary Question du député Raffick Sorefan au ministre des Infrastructures publiques Nando Bodha a mis en avant la performance de ces bus, dont 120 font déjà partie de la flotte de la Corporation Nationale de Transport (CNT). En effet, les bus Semi-Low Floor sont considérés comme des « soûlards », ayant en effet une consommation de mazout supérieure de 30 litres à la moyenne dans les autres catégories de bus dans le circuit.
Cette consommation excédentaire de carburant attribuée aux bus Semi-Low Floor a été évoquée par le chef de file du Labour à l’Assemblée nationale, Shakeel Mohamed, et le député Rafick Sorefan. En guise de réponse aux préoccupations à cette composante majeure dans les coûts d’opération du transport en commun, le ministre de tutelle a tout simplement déclaré : « I think we have to study the cost worthiness of the buses. »
Pour sa part, le député Sorefan a été plus loin dans son analyse en soulignant qu’avec cette consommation nettement plus élevée, les bus Semi-Low Floor sont autorisés à transporter un nombre maximal de passagers inférieur aux autres bus. « As per cost worthiness, is  the minister aware that our old buses – I don’t go for it – have a carrying capacity of about 60 whereas for this one, the carrying capacity is only 45 and they are using about 30 litres of diesel per day ? » s’est-il interrogé. Ce à quoi Nando Bodha a fait ressortir que la capacité maximale de chaque bus Semi-Low Floor a été augmentée de 45 à 60 passagers avec des “standing passengers”.
Dans la première partie de sa réponse, le ministre Bodha a fait la chronologie de la mise en service des bus Semi-Low Floor sur les lignes desservies par la CNT. « Twenty semi-low floor buses of the Make Yutong were donated by the Chinese Authorities in January 2016 in accordance with an agreement between the Government Republic of Mauritius and the Government People’s Republic of China. The cost incurred by the National Transport Corporation to have other accessories fitted and to have the road worthiness of the 20 donated buses assessed by the NTA amounts to Rs 1 322 503, that is, around Rs 66 000 per bus to put them on the road. In addition, 100 semi-low floor buses were procured this year following a tender exercise. The contract for the procurement, maintenance and other accessories of the 100 buses has been awarded to ABC Coach Works Ltd to the tune of Rs 405 068 061,40 inclusive of VAT », dit-il.
Le coût de maintenance des 20 bus, dons du gouvernement chinois, est de Rs 6 850 par bus par mois avec une période de garantie de 18 mois ou les premiers 150 000 kilomètres. « The maintenance of the 100 fully built semi-low floor buses covers the first 200 000 kms of operation as from the date of commissioning and the cost thereof amounts to Rs 42 386 240. VAT inclusive for a period of two years », ajoute-t-il, soit Rs 17 000 par mois par bus.
D’autre part, le député Shakeel Mohamed a relevé le fait que le don initial de 20 bus Yutong à la CNT, avant l’acquisition des 100 autres bus, est une « astuce » visant à mettre hors course les autres marques de bus. « The minister has said that at a certain point in time the buses were donated to the Government of Mauritius and finally those buses were simply given to the National Transport Corporation. The National Transport Corporation is one of the public transport operators in Mauritius. There are many other transport operators. Isn’t this therefore a violation of the Competition law of Mauritius by taking undue advantage of a donation and giving it to a competitor of other transport companies ? Because the law does not make provision for transport services as being removed from the Act as opposed to other specific issues », s’est-il demandé.