Face à la « dégradation grandissante » de leurs conditions de travail et « l’indifférence persistante » des autorités, des employés de la National Transport Corporation (CNT), réunis au sein de la CNT Employees Union, syndicat affilié à la Confédération des travailleurs des secteurs privé et public (CTSP), brandissent la menace de grève. Ils ont lancé un ultimatum au ministre du Transport, Nando Bodha.
« Travayer CNT na pa fer lagrev par tradision. Zot fer lagrev parski ena problem ki ni minis Transport ni Premie minis ni gouverma dans son ensemble na pa fer nanie depi plis ki de zan », a déploré le négociateur de la NTC Employees Union (NTCEU), Reeaz Chuttoo. Il animait une conférence de presse ce midi au siège de la Fédération des travailleurs unis (FTU), Port-Louis, et était entouré d’Anandrao Isram, Chetananddshing Mutty et Sadhanand Sreeneebus, président et membres de la NTCEU respectivement.
« Cela fait deux ans et demi que ce gouvernement qui se dit ‘gouvernement lepep’ est au pouvoir. Et cela fait deux ans et demi que nous demandons une rencontre avec les membres du gouvernement pour discuter des problèmes des travailleurs de la CNT. Ni le ministre du Transport, Nando Bodha, ni le Premier ministre n’ont daigné jusqu’ici répondre à cette demande », s’est indigné Reeaz Chuttoo, qui est aussi secrétaire de la CTSP. Selon le syndicaliste, même les démarches du syndicat devant la Commission Conciliation et Médiation (CCM) n’ont rien donné. « Nous avons déclaré litiges à la CCM. Mais à chaque fois que cette commission a convoqué le Human Resource de la CNT, qui agit comme responsable, ce dernier a envoyé un subalterne qui ne pouvait prendre de décisions. Et nous sommes aujourd’hui au même point mort », a-t-il regretté.
La non-nomination d’un directeur général à la CNT depuis plus de deux ans est le problème numéro un, estime Reeaz Chuttoo. « En l’absence d’un directeur général titularisé, le Human Resource fait la pluie et le beau temps. Il viole lui-même les accords collectifs signés avec la direction. Li mem li pa respekte lalwa », avance le syndicaliste. « Le Human Resource prend des décisions arbitraires qui violent l’esprit de l’accord collectif que nous avons signé », a-t-il ajouté.
Reeaz Chuttoo rappelle que cet accord collectif, signé entre le syndicat et l’ancienne direction, a expiré depuis juillet 2016. « Toutes nos démarches en vue de rencontrer le ministre Nando Bodha pour en discuter sont restées vaines », martèle-t-il, « en attendant, Human Resource na pa pe respekte drwa aki bann travayer, relasion indistriel ape degrade, kouma dir li pe instor enn rezim polisie, ek travayer CNT lor bor enn explozion […] Nou’nn fini prezant nou propozision pou lakor kolektif. Me ziska ler, enn akize resepsion nou pa’nn gagne ».
Le président de la NTCEU, Anadrao Isram, a, lui, dénoncé ce qu’il qualifie de « roaster punitif ». « Kan ou absan, ou finn pran enn sick ou enn casual, fer ou travay tar pendan sis semenn. Se kont lakor kolektif ki nou’nn signe », relève-t-il pour illustrer la dégradation des relations industrielles à la CNT.
« Nou finn tou seye. Nou lans enn ultimatum a minis Nando Bodha : si li kontigne fer la sourde oreille, travayer CNT na pa pou ena lot alternatif ki anklans enn prosedir lagrev », a menacé Reeaz Chuttoo, sous l’approbation des membres de la NTCEU.