La Bus Owners Association vient de recevoir une communication officielle de l’Union of Bus Industry Workers Union et de la General Workers Union faisant la proposition de négociations à l’échelle nationale pour la révision des salaires et des conditions d’emploi à l’intention des employés du transport. Les signataires donnent à l’association patronale un délai de trente jours, à compter de la date de réception de la lettre, pour faire connaître sa position.
Cette nouvelle initiative syndicale fait suite au vote à l’unanimité des travailleurs de plusieurs compagnies d’autobus, lors d’une récente assemblée, pour que les négociations concernant les conditions d’emploi se tiennent désormais au niveau national. D’entrée de jeu dans le courrier adressé aux cinq compagnies constituant la Bus Owners Association (BOA) — National Transport Corporation, United Bus Service Ltd, Triolet Bus Service Ltd, Rose Hill Transport Ltd et Mauritius Bus Transport Ltd — l’Union of Bus Industry Workers Union (UBIW) fait comprendre qu’elle détient la reconnaissance, le droit de négocier et à signer un accord collectif avec les cinq sociétés respectives sur les révisions de salaires et conditions de travail. Les animateurs du syndicat présentent dans la correspondance huit raisons pour lesquelles les négociations doivent désormais se tenir à l’échelle nationale, comme cela est actuellement le cas dans l’industrie sucrière après une longue bataille légale.
Tout d’abord l’UBIW fait remarquer qu’au cours de ces 30 dernières années, le salaire minimal et les révisions des conditions de travail dans le secteur du transport ont été effectués au niveau national par le biais du National Remuneration Board et « consequently by the amendment of Remuneration Orders by the Minister ». « In the latest review of minimal salary and work conditions conducted through the National Remuneration Board, all the five bus companies referred to above made common representation to be effective nationally at industry level, and were duly represented by the Bus Owners Association », avance l’UBIW.
« Since 1 February 2009, the industrial relations legal framework has changed with the coming in force of the Employment Relations Act. According to Section 91 of the new act, reviews of existing minimal wages and conditions of employment can only be referred by the Minister, if the Minister is satisfied that no arrangements exist in an industry for the effective regulation of same or if the request is made by a jointly by the representatives of employers and employees. » Les animateurs de l’UBIW indiquent plus loin qu’étant donné le nouveau cadre juridique — avec l’objectif déclaré des employeurs, des syndicats et du gouvernement d’encourager la révision salariale et les conditions d’emploi par le processus de négociation collective — ils proposent que ce type de processus soit privilégié.
Les syndicalistes évoquent aussi la nature spécifique de l’industrie du transport en commun à Maurice pour justifier le choix de telles négociations prochainement. D’abord, l’UBIW souligne que les autobus sont réglementés au niveau national par l’État, le prix des tickets d’autobus n’est pas libéralisé et est réglementé au niveau national, l’État accorde des subventions nationales uniformes pour les étudiants et les personnes âgées, il subventionne les compagnies pour l’achat de pièces de rechange et finalement il « grants uniform national level subsidies » sur le diesel. Le dernier argument avancé est que les négociations entre le gouvernement et les compagnies de bus sur les questions liées aux transports en commun et les “issues” susmentionnés sont conclus bilatéralement au niveau national entre la BOA et l’État.
« In line of the arguments raised above, we are sure you will agree that it is not only reasonable, but it is in the interest of all parties : the employers, the employees and the government, that the negotiation for the review of wages and condition of employment is carried out at national level », explique l’UBIW avant de demander formellement une « early preliminary meeting » avec les représentants des cinq compagnies de la BOA pour finaliser et discuter de la structure proposée. Les syndicalistes font aussi comprendre que la liste des “issues” à être négociés a déjà été arrêtée.