Au terme de plus de 100 minutes d’une assemblée spéciale convoquée par le Front commun des syndicats du transport dans le cadre de la contestation du permis à points, décision a été prise à la mi-journée de tenir une manifestation le 21 février depuis le Champ-de-Mars jusqu’au jardin de la Compagnie. C’est le signal fort que ce front commun composé de chauffeurs d’autobus, de taxis, de vans et de poids lourds veut donner aux autorités pour dénoncer le « manque de consultations » au préalable.
C’est devant une assistance de plus de 150 personnes, chauffées à bloc, que plusieurs orateurs de syndicats et d’associations, qui se sont ralliées à la cause des travailleurs du transport, se sont succédé pour appeler à la mobilisation en vue de contester avec force l’introduction du permis à points. Tous estiment que le ministère des Infrastructures publiques aurait dû consulter les chauffeurs de taxi, de camions et d’autobus, en tenant compte de leurs propositions et suggestions, avant d’aller de l’avant avec ce projet de loi.
Le permis à points est contesté dans la mesure où ce système n’est pas adapté à l’infrastructure routière actuelle où il subsiste des manquements/carences et, qui, selon les opposants, incitent à commettre des erreurs au volant, pouvant entraîner une perte de points et la suspension du permis de conduire, en cas de répétition.
« Si on nous retire notre permis, c’est notre gagne-pain qu’on nous enlève », lance Yousouf Chutoye à une assistance déjà convaincue depuis le départ d’une action concrète de l’ensemble des employés du transport pour contester le système de permis à points. L’infrastructure routière à Maurice, selon Yousouf Chutoye, ne répondrait pas aux normes internationales ; des panneaux d’affichage à peine visibles, des routes pas assez large et qui obligent les conducteurs d’autobus à rouler sur le trottoir ou sur la ligne blanche comme c’est le cas à Ébène, énumère-t-il.
Haniff Peerun du Mauritius Labour Congress, Jayen Chelum de l’ACIM, Georges Ah-Yan du Forum des Citoyens Libres, Raffick Bahadoor, de la Taxi Proprietors Union, ont chacun déploré « la décision unilatérale » du Gouvernement et le manque de dialogue avec les représentants syndicaux du secteur du transport.
Par ailleurs, Haniff Peerun a évoqué la « pagaille » dans la distribution des Driving Licence Counterpart (DLC) lundi. Il a aussi réclamé la démission de Ben Buntipilly du poste de conseiller en matière de sécurité routière au Prime Minister’s Office (PMO) et un rapport détaillé de ses accomplissements dans l’intérêt des usagers de la route depuis qu’il est à ce poste.
Raffick Bahadoor, de son côté, est d’avis que le Driving Licence Counterpart étant un document confidentiel, il devrait être conservé à la Traffic Branch au lieu d’être en possession du conducteur. Car cela, a-t-il fait comprendre, peut encourager certains policiers à pénaliser « au plus fort ».