Une grève d’avertissement d’un jour, hier, dans le transport en commun déclenchée par l’Union of Bus Industry Workers (UBIW), a été évitée de justesse. Suite à une intervention du Premier ministre, Navin Ramgoolam, proposant d’ouvrir des négociations mardi sur le litige portant sur la mise en application d’un salaire minimal pour les employés des compagnies d’autobus, les dirigeants syndicaux ont pris la décision de justesse vendredi en début de soirée de surseoir à cette action syndicale. Toutefois, le litige est loin d’être réglé avec l’UBIW se réservant le droit de revenir à la charge dépendant des retombées des discussions de mardi au Prime Minister’s Office. En parallèle, la tension est également montée d’un cran parmi les laboureurs et artisans de l’industrie cannière avec le retard apporté par le président de la Commission de Conciliation et de Médiation, le Pr Ved Prakash Torul, de publier son rapport sur le deadlock dans les négociations entre le Joint Negotiating Panel syndical et la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA) pour une révision salariale de 40%.
Des recoupements d’informations recueillies de sources autorisées indiquent qu’une première évaluation du coût pour la mise en application d’un salaire minimal dans le transport en commun, avec des ajustements variant de 7 % à 34 %, nécessitera un montant additionnel de Rs 200 millions. Mais la véritable question concerne le financement de ce montant avec l’exigence syndicale pour le respect de cette recommandation du National Remuneration Board (NRB) remontant à février de cette année.
Il ne fait aucun doute qu’avec l’adoption de ce salaire minimal, les compagnies et les opérateurs du transport en commun pousseront la balle dans le camp du gouvernement avec une demande de majoration du ticket de bus d’au moins 25% pour couvrir ces coûts d’opération additionnels. Il va également de soi, dans ce contexte d’élections générales, que l’hôtel du gouvernement peut difficilement faire avaler une telle pilule amère au public voyageur sans risques.
Une autre possibilité de ce coût pourrait prendre la forme d’une subvention directe de l’Etat aux opérateurs dans le transport en commun. Mais cette ponction des fonds publics devra être finalement financée par les contribuables d’une manière ou d’une autre. D’ici mardi, quand le Premier ministre accueillera la délégation de l’UBIW pour des négociations, la formule appropriée devra être élaborée pour une sortie de crise vu l’approche de la date des élections générales.
Lors de la conférence de presse conjointe de l’Alliance PTr/MMM, vendredi, le Premier ministre avait lancé un appel aux syndicalistes dans le transport en commun leur demandant de ne pas agir de manière précipitée avec la grève annoncée. Il avait demandé un report de cette action syndicale le temps qu’il puisse passer en revue la situation.
« L’électorat est pris à témoin »
Le négociateur de l’UBIW, Ashok Subron, qui avait à ses côtés Imzad Beeharry, président, et Alain Kistnen, secrétaire, a souligné que la suspension de la grève d’un jour vise tout simplement à donner une chance au dialogue avec le gouvernement. Il a ajouté que dépendant des indications obtenues lors de la réunion de mardi au Prime Minister’s Office, le syndicat décidera de la marche à suivre en consultation avec les quelque 7 000 employés de ce secteur. « Nous avons réservé nos droits avec une double action syndicale comme indiqué précédemment et s’il y a violation de l’engagement, l’électorat est pris à témoin en cette période de campagne électorale », a déclaré en substance le syndicaliste.
Cette légère accalmie dans le transport en commun contraste avec la tension latente dans l’industrie sucrière. Les syndicats de l’industrie sucrière, faisant partie du Joint Negotiating Panel, s’attendaient, vendredi, à être en présence du rapport de la Commission de Conciliation et de Médiation confirmant le deadlock dans le litige sur les salaires et les conditions d’emploi avec la MSPA.
Pour des raisons de santé, le Pr Torul n’a pas été en mesure de soumettre ce rapport au terme de la section 69 (5) de l’Employment Relations Act, qui stipule que « (5) Where no agreement is reached after 30 days of the date of the receipt of the labour dispute under section 64 or after the expiry of such extended period as agreed under subsection (4), the Commission shall – (a) within 7 days submit a report to that effect to the parties to the dispute ».
Détermination
Tenant en ligne de compte le problème de santé du président de la CCM, le Joint Negotiating Panel a accordé quatre jours additionnels, soit au plus tard le 14 octobre, pour la publication de ce rapport. Le JNP s’apprête à organiser un vote du 20 au 25 octobre parmi les laboureurs et artisans de l’industrie pour décider de toute action industrielle devant le refus de la MSPA d’accéder aux demandes.
Le Joint Negotiating Panel a dénoncé les dernières manoeuvres de la MSPA relatives aux salaires en vigueur dans le secteur sucre. « MSPA pa dir ki saler reel travayer lindistri sikriyer pa finn ogmante par rapor a puvwar dasa depi 2000. MSPA pe refiz dir laverite lor bann profi, dividend akimilasyon dibyen mirobolan ki bann konpanye tablisman inn fer su de reform », déclare Ashok Subron.
Le négociateur de l’UBUW a mis en garde contre « bann intimidasyon Paul Berenger ek sertin institisyon pro-patronal pa pu sanz nanye dan determinasyon travayer transport, ki ini plis ki zame otur UBIW-GWF » en ajoutant que « dan plizyer lezot sekter tavay ena mem dinamism ki pe devlope. Bann travayer kont byen fer tann zot lavwa dan kad eleksyon ki pe vini, sirtu ki bann parti politik tradisyonel inn konpletman nwayote par puvwar larzan bann bayer de fon sekter prive ».
Le front des relations industrielles continue à donner des signes de tension…