Le troisième trimestre pour les recteurs des collèges d’État a débuté sur une note de colère. Motif de ce mécontentement : la collecte d’informations quotidienne qu’exige le ministère du Transport auprès des collèges depuis le début du second trimestre concernant les bus qui déposent les enfants le matin à l’école et qui assurent le transport retour de ces derniers l’après-midi. Le syndicat des recteurs en a discuté longuement lors d’un atelier de travail qu’il a organisé pour ses membres le 5 août dernier. Ces chefs d’établissement veulent bien contrôler la sortie des classes car les enfants sont encore sous leur responsabilité dans la cour de l’école mais le syndicat a informé le ministère que ses membres refusent de monter dans chaque bus le matin et l’après-midi pour aller compter le nombre de passagers.
Les détails réclamés par le ministère du Transport sont comme suit : l’immatriculation du bus, le nom du chauffeur et celui du receveur, les trajets des bus, le nombre d’élèves dans chaque véhicule. Selon les directives de ce ministère les collèges devraient envoyer ces données chaque mois à la National Transport Authority. Et grâce à ces données le gouvernement aurait enfin une idée précise du nombre exact d’élèves qui voyagent dans le transport scolaire et du nombre de bus engagés dans ce service. Pour rappel, cette collecte d’informations fait partie d’une série de mesures prise par le ministre Bodha pour renforcer la sécurité des élèves dans le transport scolaire après l’accident survenu au mois de mars qui a coûté la vie à une collégienne.
Si au début l’ensemble des collèges d’État et privés ont répondu à cette requête du ministère du Transport tel n’est plus le cas depuis plusieurs semaines. Selon nos informations plusieurs collèges ont arrêté d’envoyer ces données parce que les autorités n’ont jusqu’ici pas identifié, comme convenu lors d’une réunion avec les chefs d’établissement, l’employé qui serait responsable de cette tâche administrative additionnelle et laquelle ne figure dans aucun scheme of service du personnel administratif et celui du personnel enseignant. Les recteurs mécontents ajoutent que l’allocation promise aussi au personnel administratif qui exécuterait cette tâche spécifique n’a pas été payée jusqu’ici. « Le ministre Bodha avait dit lors d’une rencontre avec les recteurs qu’il était en pourparlers avec son collègue de l’Education concernant la personne qui serait désignée pour ramasser quotidiennement ces informations et aussi concernant l’allocation. Les recteurs ne peuvent pas imposer au personnel administratif de l’école des tâches qui ne figurent pas dans leur scheme of duties et ce n’est pas le rôle du recteur de quitter son bureau à chaque fois qu’arrive un bus d’école pour aller compter le nombre de passagers. Nous ne sommes pas des chefs de gare ! » dit sur un ton ferme Ravind Ramjee, président du syndicat des recteurs des collèges d’État.
Par ailleurs, des Superintendants (ushers) des collèges ont informé les autorités concernées qu’ils n’acceptent pas de prendre à leur charge cette responsabilité en soulignant eux aussi leur scheme of duties officiel.