À une semaine de la rentrée du deuxième trimestre, prévue pour le lundi 20 avril, le ministère des Infrastructures publiques met les bouchées doubles pour la mise en oeuvre des nouvelles mesures visant à renforcer la sécurité des élèves voyageant par les bus d’école. Ce nouveau dispositif de sécurité a été présenté aux responsables des collèges d’État et privés avant-hier lors d’une réunion à laquelle ont participé aussi les représentants du ministère de l’Éducation, de la police et de la National Transport Authority. Le gouvernement présentera au plus vite une révision de la loi pour ce qui est du nombre de passagers autorisé et les compagnies d’autobus ont accepté de mettre des bus additionnels à la disposition des écoles.
L’accident fatal qui a coûté la vie à une collégienne de Hindu Girls a bouleversé l’opinion publique et a donné lieu à une Private Notice Question (PNQ) du leader de l’opposition le 2 avril. Ce drame a aussi révélé plusieurs manquements dans le service de transport scolaire, qui ont été à plusieurs reprises dénoncés dans le passé. Le ministre Nando Bodha avait convoqué une réunion des stakeholders de l’éducation secondaire avant-hier pour leur confirmer les nouvelles mesures dont il avait donné quelques indications lors de sa réponse à la PNQ de Paul Bérenger.
Actuellement, les compagnies d’autobus mettent à la disposition des collèges environ 450 bus le matin et 600 l’après-midi. Un bon nombre de parents déposent leurs enfants à l’école le matin, d’où cette différence dans le nombre de véhicules. Mais à partir de la reprise des classes le 20 avril, il y aura 33 bus additionnels le matin et 70 en plus dans l’après-midi. Ce nombre additionnel sera réparti en fonction des besoins de chaque établissement. Dorénavant, il y aura aussi un receveur dans chaque bus d’école.
S’agissant du nombre de passagers dans les bus d’école, la législation autorise trois occupants sur un siège de deux places et quatre sur un siège de trois places, ce qui explique le surnombre de passagers, souvent dans un bus de 60 places. « Ce règlement permet aux compagnies de mettre le maximum de passagers et de réserver leur flotte pour les besoins du grand public. Et voilà comment on arrive à ce chiffre de 80 passagers dans un bus, et qui a été dénoncé dans le sillage de ce récent drame », dit un participant à cette réunion de jeudi dernier. Avec la révision de la loi dans quelques jours, les chauffeurs devront respecter le nombre de places mentionné dans chaque bus.
Les autorités voudraient avoir aussi à l’avenir une collecte quotidienne de données concernant les bus qui déposent les enfants le matin et qui assurent le transport retour les après-midi. La personne chargée de cette tâche devra enregistrer les informations suivantes : l’immatriculation du bus, le nom du chauffeur et celui du receveur, le nombre d’élèves dans chaque véhicule. Si les chefs d’établissements ne sont pas contre cette idée, en revanche, ils ont posé des questions avant-hier sur l’identité de la personne qui assumera cette tâche. « C’est une nouvelle responsabilité qui ne figure pas dans le scheme of duties du personnel administratif et nous ne pouvons imposer cette tâche à nos employés. Lors de cette réunion nous avons demandé aux autorités d’identifier eux-mêmes ce desk officer », dit un recteur.
Pour une meilleure communication entre tous les partenaires, la NTA a décidé de créer un département consacré au transport scolaire.
D’autres questions pertinentes ont été soulevées lors de cette réunion qui était présidée par le Chief Executive Officer du ministère des Infrastructures publiques. Les participants ont abordé entre autres la discipline des élèves, la responsabilité des parents, la qualité des véhicules mis à la disposition des écoles, l’absence d’équipements de secours et le rôle de la police. La nécessité de revoir à l’avenir le mode de paiement pour le transport gratuit a aussi été évoqué lors de cette réunion.
Dans l’ensemble les participants à cette réunion ont accueilli favorablement les mesures annoncées. Les responsables du ministère des Infrastructures publiques ont suggéré aux recteurs des collèges d’État et aux représentants des collèges privés d’organiser des réunions avec les PTAs et les Students Councils pour leur communiquer les décisions prises.
Pour leur part, les techniciens du ministère des Infrastructures publiques et les officiers de la NTA régleront durant la semaine à venir certains détails concernant la répartition des bus additionnels et la révision des règlements pour le nombre de passagers. « Nous avons proposé pour le moment une première série de mesures aux parents et aux écoles et nous comptons nous attaquer à d’autres problèmes dans les mois à venir », dit au Mauricien un responsable du ministère.