L’accident qui s’est produit à Barkly dimanche dernier a non seulement permis de constater l’insécurité sur les rails, mais également dans les “feeder buses”. C’est ce que révèle l’UBS Employees Union. En effet, après l’arrêt des opérations du métro suivant l’accident, les chauffeurs et receveurs ont été confrontés à la colère des passagers, qui exigeaient que le bus les conduise à leur destination finale. Qui plus est, déplore le syndicat, contrairement aux employés du métro qui bénéficiaient de la protection policière, tel n’était pas le cas pour eux.

Alors qu’ils attendent toujours une rencontre avec le ministre du Transport, Alan Ganoo, pour être fixés sur leur situation, les employés du transport doivent faire les frais des failles du métro. C’est ce que dénonce la United Bus Service (UBS) Employees Union. « Les “feeder buses” doivent opérer tant que le métro roule. A-t-on pensé à la sécurité de ceux qui y sont affectés ? » se demande Iqbal Sheik Abbas, le président. Il relate que, dimanche dernier, après l’accident de Barkly, le métro avait suspendu ses services. « Mais les passagers, qui étaient dans les “feeder buses”, n’ont pas compris cela. Ils ont exigé que ce soit le bus qui les conduise à leur destination finale. À Rose-Hill, on voulait même agresser le chauffeur », explique-t-il.

Il regrette que les dispositions n’avaient pas été prises pour leur sécurité. « Il y avait la présence des policiers, des éléments de la SMF et même de SSU pour le métro, mais rien pour les autobus. D’ailleurs, à chaque fois que nous avons demandé la présence policière lors des services de nuit dans les endroits à risque, on nous dit qu’il n’y a pas l’effectif nécessaire. Où a-t-on trouvé l’effectif pour le métro ? », s’indigne-t-il.
Autre constat : les congestions routières aux intersections avec les rails. « Les policiers sur place sont là pour laisser passer le métro. Une fois que le véhicule a traversé, on bascule sur les feux de signalisation. Ce qui fait qu’on a peut-être été bloqué pendant cinq minutes pour attendre que le tram passe, puis, il faut attendre les feux pour repartir. Au rond-point de Beau-Bassin, par exemple, il y a cinq routes différentes. Les automobilistes sur chaque route sortent à tour de rôle. Imaginez le temps que ça prend. Aux heures de pointe, comme à la sortie de l’école, cela peut prendre 30 minutes de Belle-Etoile à Beau-Bassin », explique le syndicat.

Toutes ces questions devraient être abordées dans un comité tripartite, selon le syndicat, tout comme la sécurité d’emploi et des conditions, avec l’entrée en opération du métro. « Malheureusement, nos différentes requêtes auprès de l’ancien ministre du Transport, Nando Bodha, sont restées vaines. Nous avons également fait la même demande envers le nouveau ministre, Alan Ganoo, et nous attendons toujours », précise-t-il.
Si pour l’heure, l’opération du métro n’a pas eu de grands impacts sur le transport public, Iqbal Sheik Abbas dit attendre la fin de la gratuité pour les “feeder buses” pour un premier constat. « Pour l’heure, ce service est gratuit. Mais est-ce que le public acceptera de payer le double, soit le “feeder buses” et le métro pour voyager ? Attendons voir. De plus, avec l’opération du métro sur la ligne Curepipe-Port-Louis, l’UBS sera directement concernée », ajoute-t-il.

Même si le gouvernement a donné des garanties aux travailleurs du transport qu’il n’y aura pas de licenciement, le président de l’UBSEU se demande si les conditions seront les mêmes. « Peut-être qu’il n’y aura plus “d’overtime” ou que nous devrons travailler sur une rotation. De même, on avait annoncé de nouvelles lignes, mais nous ne voyons rien venir non plus. D’où la nécessité de cette réunion tripartite, afin que toutes les parties concernées puissent discuter franchement », dit-il. Le syndicat dit toutefois « ne pas être contre le développement », mais souhaite que les intérêts de tous les travailleurs du transport soient préservés.