« J’ai les mains liées. Aucune loi ne me permet de changer les clauses d’un accord durant sa période de validité », a déclaré le ministre du Travail, Shakeel Mohamed, qui faisait référence à l’accord collectif signé en août 2013 entre les syndicats du transport et lui-même quelque temps après la grève de la CNT, et qui est valide jusqu’en 2016.
Le ministre du Travail s’est exprimé lors d’une conférence de presse à la mi-journée dans le but de clarifier certains points concernant la demande des syndicats d’appliquer la hausse salariale préconisée par le National Remuneration Board (NRB) dans son draft report, soit la première version de ses recommandations pour le secteur du transport.
Shakeel Mohamed a fait comprendre que si l’accord collectif n’avait pas été signé en août 2013, les employés du transport auraient eu droit à la mise en application de la hausse salariale du NRB, à travers l’émission d’un Remuneration Order (RO) pour l’industrie du transport. L’accord collectif entre les syndicats et le ministre avait débouché sur une augmentation salariale de 19 %, étalée sur trois ans et valide jusqu’en 2016. Répondant à une question de la presse, le ministre a fait comprendre que la hausse salariale dans le cadre d’un accord collectif est supérieure à celle faite par le NRB qui, dit-il propose le minimum.
C’est le 16 avril 2013 que le dossier pour la révision des conditions d’emploi et l’augmentation de salaires a été référé au NRB qui, dans un draft report, avait fait des recommandations, a expliqué le ministre. Entre-temps, il y a eu la grève de la CNT le 26 juin 2013 qui a mené peu après vers la signature d’un accord collectif entre les syndicats et le ministère. Lorsque le NRB a soumis la première version de ses propositions, avec la possibilité aux différentes parties de soumettre leurs commentaires, le ministre a écrit au NRB pour leur demander de tenir en considération l’accord collectif qui avait été signé en août 2013 et qui était déjà en vigueur. Suite à cela, le NRB, dans ses recommandations finales, a indiqué que sa position communiquée le 4 juillet 2014, était de « withdraw recommandations on wages ».
En d’autres mots, a expliqué Shakeel Mohamed, la raison pour laquelle les employés du transport ne peuvent bénéficier des recommandations du NRB c’est que l’accord collectif est toujours en vigueur. Le ministre rencontrera les syndicalistes demain à 12 h 30.
Commentant la situation dans laquelle se retrouve l’industrie du transport, Shakeel Mohamed a déclaré que « ce sont les syndicalistes qui se sont empressés de signer un accord collectif ». Il a directement pointé du doigt Ashok Subron qui, dit-il, « pousse les travailleurs à faire des choses illégales » et « les mène en bateau dans son propre intérêt ».
Abordant les implications de la hausse salariale proposées et la révision des conditions de travail par le NRB dans son draft report, chiffres à l’appui, Shakeel Mohamed a indiqué que cela coûtera Rs 167 M de plus à la CNT par an, ou encore Rs 58,8 M à la Triolet Bus Service, entre autres. Une hausse qui sera répercutée sur le coût du ticket.
Shakeel Mohamed a également répondu au leader de l’opposition, Paul Bérenger, qui avait abordé la question lors de conférence de presse hebdomadaire du MMM : « J’ai le devoir d’être responsable envers l’argent qui ne m’appartient pas. Si cela ne tenait qu’à moi j’aurai accordé une augmentation salarie. Mais je n’ai pas fait stopper les travaux du NRB. Peut-être que le leader de l’opposition n’est pas au courant de tous les faits, mais l’affaire a bien été référée au NRB avant la signature de l’accord collectif », a-t-il soutenu.