L’État mauricien prépare en ce moment le document portant sur la politique nationale. Celui-ci sera adapté aux nouvelles exigences du monde du travail et prendra en considération les projets du gouvernement en matière de politique d’emploi, comme la création de 100 000 nouveaux emplois durant les cinq prochaines années, notamment dans de nouveaux secteurs porteurs.
Le ministère du Travail accueille depuis mercredi le directeur régional du BIT pour l’Afrique, Aeneas Chapinga Chuma, qui s’est prononcé hier sur la politique nationale de l’emploi lors d’une fonction au siège du ministère du Travail. Selon Aeneas Chapinga Chuma, une participation élargie et un dialogue social sont des conditions nécessaires pour la formulation d’une politique nationale de l’emploi réussie.
Les politiques de l’emploi, à titre d’information, sont l’ensemble des mesures mises en oeuvre par les administrations publiques dans le but d’accroître l’emploi et de réduire le chômage. « A National Employment Policy can only succeed if infused by a spirit of tripartite cooperation and strong dialogue between social partners for informed decision making. Mauritius has wonderful, knowledgeable and engaging social partners and I think you must make the fullest use of them », a déclaré le directeur régional du BIT pour l’Afrique, qui en est à sa première visite officielle à Maurice. Il a salué hier l’élaboration de l’Economic Vision Statement – Vision 2030 – énoncé par le Premier ministre récemment ainsi que l’objectif de créer 100 000 emplois au cours des cinq prochaines années. Aeneas Chapinga Chuma a par ailleurs annoncé l’assistance du BIT pour la formulation de la deuxième génération du Programme pour le Travail Décent (PPTD), le Decent Work Country Programme.
Selon Aeneas Chapinga Chuma, le pays doit faire une évaluation des défis auxquels fait face le marché du travail local, et ce avec une « honnêteté intellectuelle » et une résolution politique qui devra être établie de manière claire. En dépit du fait que le pays a accompli d’importants progrès d’un point de vue économique, le directeur régional du BIT devait constater que le pays n’a pas pu « crack the code », d’après les chiffres du chômage en hausse et du fait que le pays dépend de plus en plus des travailleurs étrangers dans divers secteurs clés de l’économie, et ce en raison d’un manque de certaines compétences au sein de la main-d’oeuvre locale.
Maurice devra ainsi, selon le directeur régional du BIT, s’engager à créer un nombre suffisant d’emplois pour répondre aux besoins des jeunes et de la population, insister sur la nécessité d’emplois décents et sur le principe de liberté, d’équité, de dignité et de sécurité. Rappelons que la visite du directeur régional du BIT, qui est également le sous-directeur général, s’achève ce samedi. Durant sa visite, il aura eu des sessions de travail avec les syndicats.