La Confédération des travailleurs du secteur privé organisera le mardi 17 janvier une chaîne humaine autour de la Victoria House, siège du ministère du Travail, des Relations industrielles et de l’Emploi, à Port-Louis. Ceci afin de dénoncer le fait que « ce ministère ne protège plus » les travailleurs mauriciens. C’est ce qu’a annoncé ce matin, entre autres, le secrétaire de cette confédération syndicale, Reeaz Chuttoo, lors d’une rencontre avec la presse au Centre social Marie Reine de la Paix, à Port-Louis.
« En encerclant l’immeuble qui abrite le ministère du Travail, nous voulons symboliquement démontrer que le peuple est uni dans cette action pour dénoncer une institution de l’État qui ne protège plus les travailleurs de Maurice », a expliqué le secrétaire de la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP), qui était entouré de quelques membres de sa fédération.
Selon Reeaz Chuttoo, les manifestants de la CTSP seront postés le long des rues Barracks, Saint Georges, Chevreau et Saint Louis. « En 25 ans, le ministère du Travail n’a jamais été aussi inefficace dans la défense des travailleurs de ce pays. La situation empire de semaine en semaine. Les travailleurs de ce pays continuent à être victimes de l’Employment Rights Act (ERiA) et de l’Employment Relations Act (EReA), tandis que les promesses du ministre de tutelle, Shakeel Mohamed, à faire amender ces deux lois, ne sont toujours pas respectées, malgré ses engagements formels en ce sens ! » explique-t-il.
« Zordi, akoz sa de lalwa-la, bann travayer morisien finn perdi tou zot drwa ! » s’est indigné le secrétaire de la CTSP.
Pour soutenir ses dires, Reeaz Chuttoo cite, entre autres, le non-respect du temps de travail de huit heures par jour, les « licenciements sauvages », le non-respect de la liberté syndicale et surtout celles des délégués syndicaux qui sont licenciés en représailles.
« Le nombre de “Surprise Checks” sur les sites de travail a par ailleurs diminué à moins de 100 par an, alors que le nombre d’inspecteurs du travail a diminué comme une peau de chagrin », a ajouté Reeaz Chuttoo. « Le ministre confond les enquêtes et les visites surprises que son ministère est tenu de faire en vertu de la Convention 81 que Maurice a signée », dit-il.
« Zordi ena syndika ki patron fonde sous l’ERiA ek ki signe lakor enn patron mem me ki engaz (“binding”) lor tou travayer enn sekter », s’offusque d’autre part le secrétaire de la CTSP. « Sous cette loi, le patronat peut accepter de reconnaître un syndicat formé de seulement 30 personnes (très souvent de son choix), c’est ce qu’on appelle la “Voluntary Recognition”, et par la suite, il peut se permettre de signer un accord avec seulement ces 30 personnes, mais cet accord peut couvrir un secteur de plus de 300 travailleurs ».
Pour Reeaz Chuttoo, l’ERiA contient en tout « 28 clauses anti-travailleurs qui violent les droits fondamentaux des travailleurs de Maurice ». « Et même, certaines clauses de cette loi que les ministres successifs ont présentées comme étant en faveur de travailleurs, ne peuvent profiter aux travailleurs sans l’aval du patronat », poursuit-t-il. Il cite dans ce contexte le remboursement des Local Leaves et des Paternity Leaves.
« Comme annoncé fin 2011, nous allons amplifier au fil des prochains mois notre campagne de dénonciation envers le ministère et le ministre et cette chaîne humaine n’est que la première pour 2012 ! » promet Reeaz Chuttoo.