La Platform kont lalwa anti travayer marque dimanche la Journée mondiale pour le travail décent par une marche pacifique dans les rues de Rose-Hill en vue de la révision de l’Employment Rights Act et l’Employment Relations Act ; deux lois qu’elle considère anti-travailleurs. Cette journée est célébrée le 7 octobre par 430 actions syndicales dans 98 pays pour réclamer des emplois décents et le plein respect des droits des travailleurs/euses.
« Dans le monde, Maurice est une exception : c’est le seul pays où l’on a passé des lois pour rendre un licenciement injustifié légal, cela à travers l’action combinée de l’Employment Rights Act (ERiA) et l’Employment Relations Act (EReA) qui ont été promulguées en février 2009 », s’indigne Reeaz Chuttoo, secrétaire de la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP), qui fait partie de la Platform kont lalwa anti travayer.
« Petit à petit les travailleurs du monde entier, comme ceux de Maurice, réalisent que l’emploi devient de plus en plus précaire et de moins en moins décent (voir encadré). Ils courent constamment le risque de perdre leur emploi du jour au lendemain, sans bénéficier d’une compensation. Et c’est exactement le cas dans notre pays avec l’ERiA et l’EReA depuis 2009. Des dizaines de travailleurs ont été licenciés de façon inhumaine dans l’indifférence générale », a déploré le syndicaliste. Le dernier cas de licenciement massif qui défraie l’actualité, selon lui, c’est celui de la biscuiterie Subana à Bell-Village où 90 employés ont perdu leur emploi, dont certains comptaient plus de 30 ans de service.
La présidente de la CTSP Jane Ragoo se dit pour sa part interpellée par la détresse des travailleuses licenciées. « Alors que les femmes ont été à la base de la première phase de notre industrialisation, nous constatons que ces mères de famille, aujourd’hui la quarantaine passée, sont de plus en plus souvent jetées sur le pavé, après de longs et loyaux services », s’indigne-t-elle.
« Même sur le plan international, les patrons font pression au niveau du Bureau international du travail (BIT) sur la Convention 87 qui garantit la liberté d’association et le droit de grève. Ils arguent que la déréglementation favorise la compétitivité. Et certains gouvernement se sentent impuissants devant leur chantage à se délocaliser pour créer de l’emploi ailleurs », explique Reeaz Chuttoo. Et d’élaborer : « C’est pour faire davantage prendre conscience aux travailleurs de Maurice de ce danger de plus en plus menaçant que nous avons décidé de placer cette célébration de la Journée mondiale du travail décent sous le signe de la continuité de notre lutte contre l’ERiA et l’EReA. »
La marche de dimanche débute à 10 heures à côté du bureau de poste de Rose-Hill. La Platform kont lalwa anti travayer, une initiative de l’ancien syndicaliste Jack Bizlall, regroupe également la Federation of Progressive Unions (FPU), le Collectif des Femmes pour un Changement et la Federation of Parastatal Bodies and other Unions. La CTSP est représentée par trois fédérations syndicales : la Federation of Trade Unions of the Chemical Sector, la Federation of the Construction Sector et la Federation of Private and Support Services Sector.