La National Trade Unions Confederation (NTUC), par la voix de son président, Narendranath Gopee, a rejeté ce matin le projet de loi portant sur la création du National Wage Consultative Council, présenté en première lecture par le ministre du Travail, Soodesh Callichurn, hier au parlement. Il a avancé plusieurs raisons pour soutenir ce rejet avant d’annoncer son intention d’adresser une lettre au Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, réclamant le retrait de ce projet de loi.
Narendranath Gopee a déclaré avoir constaté que le projet de loi a été circulé aux syndicalistes à la dernière minute. Selon lui, « certains syndicats ont obtenu une copie aujourd’hui, d’autres hier, alors que le projet de loi avait déjà été introduit au parlement ». Commentant le contenu de ce projet de loi, il a estimé qu’il accorde trop de pouvoirs au ministre. Ce dernier, selon lui, a un contrôle total sur le Council. « D’abord, dans le sens qu’il peut prendre ses propres décisions, qu’importe l’opinion des membres du Council. Il peut aussi rejeter les propositions du Council ek li kapav fer regleman ki fer li plezir », a-t-il déclaré, avant de se demander « si enn lot lelefan blan pa pe vini parey kouma le National Remuneration Board (NRB) ».
S’agissant de la représentativité syndicale au sein du board de ce Council, Narendranath Gopee déplore le fait qu’il y aura seulement sept syndicalistes sur les 29 membres que comptera cette institution. « Bann syndika pou an minorite, kan pou vote, zot pou tombe », a-t-il soutenu.
De plus, il a déploré que le ministre aura son mot à dire sur la nomination des représentants syndicaux au sein du board. « Eski li pe rod met minmiz lor bann syndika, li pe oule met so nene dan zafer syndika ? » s’est-il demandé. Narendranath Gopee affirme que le ministre du Travail veut faire croire qu’il travaille dans l’intérêt des travailleurs mais que « tel n’est pas le cas ».
Tout en reconnaissant que l’introduction d’un salaire minimal est très importante pour les travailleurs, le président de la NTUC a estimé que, selon la proposition du ministre, « ce sont les travailleurs au bas de l’échelle qui seront les plus grands perdants ». « Li pou fer travayer vinn esklav larzan avek so saler minimal. Nous voulons un salaire minimal au niveau national, tant pour le secteur public que pour le privé. Pa fer travayer travay par ler tan, c’est contre la philosophie du Bureau international du Travail (BIT) », a-t-il fait ressortir.
Narendranath Gopee a réclamé le retrait de ce projet de loi et demande la convocation des différentes fédérations syndicales en vue de discussions à ce sujet. « Au cas contraire, li pou fini mal pou gouvernman lor plan politik. Li pe fer le kontrer de seki li ti promet. Travayer pa pou res trankil ».
Pour sa part, Devanand Ramjuttun, membre de la NTUC, a trouvé « dangereuse » la situation minoritaire dans laquelle les syndicats se trouveront au sein du board.