La Construction, Metal, Wooden & related industries Employees Union (CMWEU) conjointement avec la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé (CTSP) dénoncent les «licenciements massifs.» Lors d’une conférence de presse, jeudi dernier, elles font appel au gouvernement pour qu’il considère la question des contracteurs étrangers qui n’emploieraient que des expatriés aux dépens des Mauriciens.
Entre 2000 à 3000 personnes du secteur de la construction ont à ce jour été licenciés, dans la majorité des cas suite à un non-renouvellement de leur contrat d’embauche. Et cette vague de licenciements a débuté il y a deux ou trois ans, selon René Lafond, président la CMWEU. «Tout le secteur de la construction fait face à un problème aigu par rapport à l’octroi ddes contrats. Deux ans de cela, il y avait environ 82% du personnel de ce secteur qui étaient sous contrat et aujourd’hui ce taux a atteint 92%.» Il souligne que les contractuels, lorsqu’ils trouvent enfin du travail, sont obligés d’accepter des conditions de travail précaires imposées par le patronat, ne sachant pas à quel moment ils peuvent être licenciés.
Bertie Beehary, membre du bureau exécutif de la CMWEU, pointe du doigt les abus des employeurs qui privent le personnel de leurs droits, notammentle temps de la pause du thé  du matin. Des irrégularités sur l’heure du déjeuner, sur le meal allowanceet sur les overtimesont aussi à déplorer. «Les expatriés bénéficient des faveurs des contracteurs étrangers aux dépens de la main d’oeuvre locale. Ils fonctionnent sur un autre système    et utilisent d’autres produits qui ne sont pas fabriqués localement, ce qui empêche le développement de ce secteur à Maurice», déplore-t-il.
Reeaz Chuttoo, de la CTSP, explique qu’avec le Employees Right (Amended) Act 2009, un employé ne peut passer par son syndicat pour déclarer litige à son employeur, mais doit le faire seul. Par conséquent, aucun contractuel n’ose loger une plainte contre les pratiques abusives de son employeur risquant, par là-même, des représailles. Le syndicaliste met l’accent sur la décroissance du secteur de la construction qui perdure depuis ces dernières années et, à ce jour, 4000 à 5000 personnes ont été licenciées indépendamment de leur temps de service. «Il y des travailleurs qui comptent 15à 20 ans de service à leur actif et qui sont mis à la porte avec uniquement unrecycling fee», déplore-t-il.
Clairement, les droits des travailleurs du secteur de la construction ne sont pas respectés. Et ce, bien que Maurice soit signataire de la ILO Multinational Enterprise Declarationstipulant que le gouvernement doit donner priorité aux travailleurs locaux. Les syndicalistes en appellent ainsi au sens de responsabilité du gouvernement pour qu’il considère la question des contracteurs étrangers et revoit la situation des employés de ce secteur. Selon Jane Ragoo, de la CTSP, les syndicalistes laisseront du temps à Soodesh Callichurn, ministre du Travail, après  une rencontre qu’ils ont eue avec lui, avant d’entreprendre des actions syndicales. Elle soutient également que Building & Wood Workers International sera alerté au sujet des violations des droits des travailleurs du bâtiment à Maurice.