La Fédération des travailleurs unis (FTU) réagit après l’annonce du ministre du Travail, Soodesh Callichurn, concernant la mise sur pied du National Wage Consultative Council avant la fin de l’année. Ce conseil sera en effet chargé de faire des recommandations au gouvernement concernant le salaire minimal et un projet de loi en ce sens sera présenté au Parlement avant les vacances parlementaires.
Qui sera nommé pour présider le National Wage Consultative Council ? Quels sont les terms of reference de ce conseil ? Autant d’interrogations posées par le porte-parole de la FTU, Atma Shanto, suivant la déclaration du ministre du Travail lors d’une récente cérémonie où le Directeur régional du BIT pour l’Afrique, Aeneas Chapinga Chuma, était invité à se prononcer sur la politique nationale de l’emploi.
Un projet de loi qui permettra la mise sur pied du National Wage Consultative Council sera présenté au Parlement cette année. Ce projet de loi est actuellement à l’étude au parquet. La FTU, de son côté, émet des réserves : « Nous n’avons obtenu aucune information sur la composition de ce conseil et de ses attributions », affirme Atma Shanto, porte-parole de la FTU. Plus important, le syndicaliste s’interroge sur la contribution de la classe syndicale : « Le conseil sera-t-il établi sur une base tripartite ? » Il déplore « l’absence de débats » et le fait que le projet de loi a déjà été soumis au State Law Office pour être étudié et subséquemment à l’Assemblée nationale lors de la prochaine étape. Les dirigeants de la FTU sont par ailleurs formels quant au fait qu’ils ne souhaitent pas voir de nominé politique à la tête de ce conseil.
Tout comme la classe syndicale entière, la FTU s’impatiente quant à la concrétisation du concept de salaire minimal à Maurice. Rappelant la promesse électorale du présent gouvernement lors des dernières élections générales, la FTU est catégorique : « Le Gouvernement doit aller de l’avant avec le salaire minimal. Il n’est plus possible de constater des variations dans les salaires dans le secteur privé », affirme Atma Shanto. Le syndicaliste cite la zone franche où les salariés ne touchent que Rs 2 800 ou Rs 3 000 comme salaire de base chaque mois. Dans la même foulée, le porte-parole de la FTU fait remarquer que plusieurs Remuneration Orders (RO) n’ont pas été revus depuis plusieurs années alors que le Pay Research Bureau pour le secteur public est revu chaque cinq ans. La norme devrait être que les RO soient revus tous les trois ans, plaide Atma Shanto.