Une menace de licenciement pèse sur une dizaine d’employés de Sukpak Ltd, située à Riche-Terre. À la veille des fêtes de fin d’année, ces employés de cette compagnie, qui fait partie du groupe Vegolic, risquent en effet de se retrouver sur le pavé. Raison invoquée par l’entreprise : une baisse des estimations dans la production/exportation pour 2015. Le syndicat d’employés, lui, réclame le gel de ce projet de limogeage.
Les représentants de Sukpark Ltd ont rencontré hier ceux du Syndicat des travailleurs des établissements privés (STEP), qui comprend des employés syndiqués de l’entreprise et qui est affilié à la Fédération des travailleurs unis (FTU). Durant cette rencontre, les représentants de l’entreprise ont fait savoir au syndicat l’intention de Sukpark Ltd de licencier une dizaine d’employés. D’après le “procedural agreement”, la direction de la compagnie est tenue d’enclencher les consultations avec le syndicat avant tout projet de mise à pied.
L’entreprise avance pour raison de licenciement une baisse de ses prévisions en termes de production/exportation pour l’année 2015. Mais le syndicat ne semble pas convaincu par l’argument présenté par l’entreprise. « Une baisse dans les estimations de production ne justifie pas que dix personnes doivent être mises à la porte », estime ainsi Atma Shanto, porte-parole de la FTU, qui réclame dès lors le gel de ce projet de limogeage.
Indigné par cette décision, le syndicat a décidé de prendre le taureau par les cornes en alertant le ministère du Travail, des Relations industrielles et de l’Emploi. Une lettre a ainsi été envoyée hier au ministre Shakeel Mohamed, dans laquelle le syndicat réclame une rencontre tripartite pour tenter de trouver un consensus avec la direction de la compagnie. « Nous chercherons toutes les solutions pour préserver l’emploi de ces personnes », souligne Atma Shanto. Ce dernier craint en effet qu’à la veille des fêtes de Noël et du Nouvel an, des pères et mères de famille se retrouvent sans emploi. Le syndicaliste en profite aussi pour formuler des critiques à l’encontre de l’Employment Rights Act 2008 qui, dit-il, « faciliterait le licenciement des employés » par les employeurs, ajoutant que certaines entreprises en profiteraient pour licencier abusivement.
À ce stade, on ne sait toujours pas sur quel principe de licenciement les travailleurs seront remerciés. D’après nos informations, ce serait celui de “last in first out” (“dernier arrivé, premier licencié”) qui devrait être appliqué. Nous avons sollicité le directeur de Sukpak Ltd, Sylvain Lavénérable, pour obtenir des réponses à ce sujet, mais celui-ci n’a pas souhaité faire de commentaires. Il a également refusé de répondre à notre question de savoir si le ministère du Travail avait été informé de l’intention de la compagnie de licencier du personnel, se contentant de dire qu’il ferait des déclarations à la presse « en temps et lieu ».
Du côté du ministre du Travail, on nous certifie n’avoir encore reçu aucune notification de l’employeur quant à son intention de licencier des employés. Or, selon l’Employment Rights Act 2008, tout employeur est tenu d’en notifier le Permanent Secretary du ministère ainsi que l’employé, et ce 30 jours avant d’effectuer le licenciement. À la réception de cette correspondance, le ministère est alors chargé de mener une enquête pour déterminer si la résiliation d’emploi, pour les raisons avancées par l’employeur, est justifiée ou non. Dans le cas où la compagnie ne respecterait pas le délai de 30 jours, on fait comprendre que les employés peuvent alors avoir recours à la Cour industrielle pour “licenciement injustifié” et réclamer une compensation.