Les ex-employés d’Infinity BPO, ancien fleuron du secteur du BPO à Maurice, ont finalement reçu l’intégralité de leurs salaires impayés. Grâce à l’argent recueilli dans le cadre de l’accord passé entre l’ancien chairman Jean Suzanne et le liquidateur pour l’abandon de toutes les charges au sujet de la saisie de la villa du premier nommé à Poste-Lafayette, ils ont reçu leur paiement quelques jours avant la Noël. Rappelons que cette société avait été mise en liquidation en mars 2011 et un liquidateur de la Compagnie nommé en la personne de Jean-Roger Boodhna.
À la fermeture de la société en février 2011, les dettes s’étaient accumulées, alors que trois mois de salaires étaient dus aux anciens employés. Après la mise en liquidation, Jean-Roger Boodhna avait fait vendre les actifs et a ainsi pu récolter la somme de Rs 1,5 M. L’Aston Martin appartenant à Jean Suzanne avait également été saisie vendue, ce qui a permis de rapporter Rs 2,5 M. Ces deux sommes ont été utilisées pour payer un mois de salaire à tous les ex-employés d’Infinity BPO.
Le liquidateur a par la suite initié une action contre Jean Suzanne sur l’avis de son conseiller légal, Me Thierry Koenig, Senior Attorney, et a fait saisir la villa de Jean Suzanne à Poste-Lafayette. Un accord fut par la suite trouvé avec Jean Suzanne qui a remis une somme de Rs 8 M au liquidateur contre l’abandon de toutes les charges initiées par ce dernier contre lui. Avec l’argent recueilli, le liquidateur a été en mesure de payer à tous les ex-employés d’Infinity l’intégralité de leur salaire impayés depuis la mise en liquidation de la compagnie avant le 25 décembre.
Parallèlement, Jean-Roger Boodhna avait aussi initié une action contre l’ex-partenaire de Jean Suzanne, le ressortissant français Gérald Bouillaud. L’affaire a déjà été plaidée en Cour commerciale par Me Thierry Koenig. Le jugement de la Cour dans cette affaire est attendu.
Tout en se disant heureux d’avoir obtenu leur salaire en cette fin d’année, des anciens employés réclament une indemnité pour leur perte d’emploi. À ce sujet, ils réclament une révision de l’Insolvency Act. En effet, quand une compagnie se retrouve en liquidation, ce ne sont pas les travailleurs qui sont payés en premier, mais bien les frais de la liquidation, le loyer impayé, les services de l’État et la municipalité. Selon cette loi, les employés se retrouvent en seulement cinquième position de cet ordre de priorité et cela pour seulement un mois de salaire jusqu’à un maximum de Rs 30 000. Ce n’est qu’après qu’ont été payés ceux qui ont diverses charges que les travailleurs peuvent espérer un deuxième ou troisième mois de salaire ou encore une compensation pour la perte de leur emploi. Ces employés expriment le souhait que les syndicalistes, le ministre du Travail et les parties prenantes puissent « accorder leurs violons » en vue d’apporter des amendements à l’Insolvency Act afin de permettre aux travailleurs de bénéficier de leurs salaires en priorité lors de la mise en liquidation d’une compagnie.