Frustrées de ne pas percevoir le salaire prévu au contrat, quatre ouvrières bangladeshies de Trend Clothing Ltd ayant rompu leur contrat de travail depuis le 8 juillet dernier, attendent leur rapatriement depuis… quatre mois. « Nous voulons partir, c’est tout. On ne nous traite pas bien ici… », déclarent Khadija Akter, Asma et Nasrin Begum ainsi que Ruma.
« Nous sommes venues ici pour travailler et gagner de l’argent afin de faire vivre nos familles. Nous avons laissé nos enfants à la maison. Ici on ne nous offre pas les salaires qu’on nous avait promis », soutiennent-elles. « Mon époux veut que je rentre sinon il me dit qu’il épousera une autre femme », ajoute Ruma. Toutes avancent qu’elles ont été bernées par leur agent au Bangladesh qui, selon elles, serait à Maurice actuellement. L’histoire de ces quatre ouvrières étrangères n’est pas nouvelle. Ils sont nombreux les étrangers, surtout ceux travaillant dans le secteur manufacturier, qui disent avoir été bernés par des agents dans leur pays pour finalement se trouver avec des bas salaires et des conditions de travail déplorables à Maurice. D’autres se plaignent également de leurs conditions d’hébergement.
Khadija Akter, Asma et Nasrin Begum aussi bien que Ruma indiquent que leurs salaires, ainsi que leurs allocations pour la nourriture, leur étaient versés avec du retard. « Des fois avec deux mois de retard », ajoute Khadija Akter. Selon elles, les heures supplémentaires également ne leur étaient pas payées contrairement à ce qui serait stipulé dans leur contrat de travail. D’où la raison pour laquelle elles ont cessé de travailler et ont voulu rentrer dans leur pays. En attendant que leur employeur leur donne leurs billets d’avion, elles ne travaillent pas, elles sont sans le sou et n’ont même pas de quoi se nourrir. « Nous avons juste le logement à notre disposition où il n’y a ni eau ni électricité. Ce sont des voisins qui nous aident avec un peu de nourriture en échange de quelques menus travaux domestiques que nous faisons pour eux », rapportent-elles. Elles ont voulu s’arranger avec leur agent pour trouver un autre employeur mais, selon elles, celui-ci ne tient pas ses promesses.
C’est la General Workers Federation (GWF) qui s’occupe de ce cas. Veena Dholah, membre de cette organisation syndicale, déclare avoir fait le va-et-vient plus d’une vingtaine de fois au ministère du Travail à Port-Louis. « Les officiers du ministère parlent avec l’employeur, lui adressent des lettres également, mais ce dernier ne les écoute pas. Rien ne se passe », fait-elle ressortir. « Que pouvons-nous contre une personne qui n’écoute même pas le ministre ? », s’interroge Khadija. Selon Veena Dholah, Trend Clothing Ltd accroît ses activités. « Cette usine fonctionne bien, elle n’est pas en difficulté », affirme-t-elle.
Au ministère du Travail, un officier de la Migrant Unit indique que l’employeur en question a pris des engagements pour faire rapatrier ces ouvrières étrangères dans les meilleurs délais. « Il y avait un problème de garantie bancaire mais nous avons appris qu’il est résolu maintenant. Deux ouvrières qui ne font pas partie de ce groupe rentrent dans leur pays d’ici à mardi. Les dossiers des quatre bangladeshies sont en bonne voie. Toutes vont rentrer très vite », déclare-t-il, avant d’ajouter : « Ce n’est pas facile de traiter avec les employeurs. Nous les appelons tous les jours… » Ce à quoi, Mme Dholah ajoute : « Nous entendons ce genre de déclaration depuis quatre mois… » Quant au patron de Trend Clothing Ltd, il ne répond pas à nos maints appels téléphoniques.