Le syndicaliste Atma Shanto réagit sur le cas de l’usine Avant (Mauritius) Ltd, où le patron a quitté le pays, laissant les travailleurs sans salaire. Il rappelle que cette situation relève d’un délit criminel sous l’Employment Rights Act. Selon lui, en acceptant de payer le billet d’avion des travailleurs étrangers ainsi que leur nourriture, le ministre Soodesh Callychurn est en train de cautionner cette situation au lieu de prendre les mesures prescrites par la loi. Il invite à ne pas créer un précédent qui pourrait encourager d’autres délits de ce genre.
Tout en compatissant avec les travailleurs mauriciens et étrangers laissés sur le pavé par leur employeur, Gujurajsingh Mandhir, Atma Shanto souligne qu’en plusieurs occasions, la FTU a attiré l’attention sur la situation qui prévaut dans le secteur de la zone franche. « La décision unilatérale d’abolir la garantie bancaire pour l’emploi des travailleurs étrangers n’a fait que renforcer les intérêts des patrons, au détriment des travailleurs. Aujourd’hui, le gouvernement vient dire qu’il va payer les billets pour rapatrier ces ouvriers indiens, c’est-à-dire qu’il va puiser des fonds publics, alors que l’employeur, lui, s’en sort sans problème. »
A ce sujet, le ministre du Travail, Soodesh Callychurn avait expliqué la semaine dernière, que c’est l’ancien gouvernement qui avait aboli la garantie bancaire de Rs 500 000 pour tout employeur souhaitant importer la main-d’oeuvre étrangère. Atma Shanto insiste, lui, pour que le gouvernement actuel réintroduise cette mesure, qui sert justement à venir en aide aux travailleurs étrangers en cas de besoin. Cela impliquait, entre autres, le paiement du billet d’avion. « Quand le ministre vient dire que le gouvernement va payer le billet d’avion et qu’il va personnellement acheter à manger pour les travailleurs étrangers, il est en train de créer un mauvais précédent. Demain, d’autres pourront faire pareil, en abandonnant leurs travailleurs sans salaire et quitter le pays sans avoir à s’en inquiéter. »
Il rappelle que la section 21 de l’Employment Rights Act 2008 stipule : « Every employer shall pay remuneration to a worker at monthly intervals, unless the parties agree to payment at shorter intervals.”  Y est également mentionné comme délit : « Any person who – (a) fails to credit a worker with the full amount of remuneration for work done shall commit an offence ». La loi prévoit ainsi une amende de Rs 10 000 et un an de prison pour un tel délit. De même, la cour peut émettre un ordre, intimant l’employeur à respecter ses engagements envers ses employés.
Atma Shanto invite ainsi le Commissaire de Police à agir sur ce cas. « Il y a des procédures permettant de retracer cet employeur et le ramener au pays pour répondre de ce délit. Le Commissaire de Police les connaît, il n’a qu’à agir. » De même, le syndicaliste invite le ministre des Finances à initier une enquête pour retracer tout transfert d’argent d’Avant (Mauritius) Ltd  ou du propriétaire vers des comptes à l’étranger. « Il faut une enquête à tous les niveaux pour remettre de l’ordre dans ce secteur. Autrement, ce serait trop facile de quitter le pays sans répondre de ses actes. »
Atma Shanto ajoute que le cas d’Avant (Mauritius) Ltd démontre que « le ministre a perdu tout contrôle du secteur car il est prisonnier du secteur privé. Cela s’applique aussi au gouvernement. La situation de l’emploi est chaotique dans le pays. »