L’accueil se vit à deux niveaux, selon l’évêque de Port-Louis : « Humain » pour les « zoli zistwar antred ek lamitie » et étatique pour le « soutien officiel ». Or, « kapav nou pei ti pou merit enn E ou enn F », a soutenu Mgr Maurice Piat hier lors d’une journée récréative au Thabor marquant la Journée mondiale du migrant.
Selon Mgr Piat, l’île Maurice peine à trouver ses repères en termes d’accueil aux travailleurs étrangers. Citant le discours du Pape Benoît XVI pour la Journée du migrant et du réfugié, l’évêque de Port-Louis est d’avis « ki ena de manier akeyir. Ena enn soutien ofisiel. Ek la nou pei pa pe pran ase mezir strik. Si ena bann profeser parmi nou, zot ti pou dakor si donn nou enn E ou F. Boukou boukou kondisyon pa tro tro korek. Apre ena nivo imin. La, ena boukou temwaniaz, zoli zistwar, antred ek lamitie. ». dans le cadre de la Journée mondiale du migrant et du réfugié hier, la Commission Justice & Paix du Diocèse de Port-Louis a convié, cette année, les travailleurs étrangers de tous les secteurs à un bring & share dans les jardins du Thabor de 14 h à 17 h.
L’évêque de Port-Louis, qui a pris la parole vers 16 h 15, a décrit l’événement comme une première, car, d’ordinaire, une messe est organisée annuellement pour cette Journée au calendrier de l’Unesco, comme « enn ti lalimier ki montre enn simin ». Et de souligner en outre : « Sak travayer, kan li kit so pei, ena enn gran dezir pou amelior kalite so lavi… Me osi, enn gran tristes akoz li pa kapav amelior so lavi dan so prop pei. » Il reviendrait ainsi aux populations autochtones de cultiver le sens de l’accueil afin de ne pas ajouter à ce sentiment de tristesse. La présence des migrants est une « richesse », indique l’évêque. « Nou gagn plis dan lesanz-la ki bann etranze. Zot prezans ed nou pou sort depi nou mem. » Reprenant la conclusion du pape, Mgr Piat a affirmé : « Lavi, se enn voyaz lor lamer listwar. Ek souvan, sa li kapav enn mare nwar. Lerla nou rod ban zetwal pou kapav diriz nou. Ces étoiles sont des personnes humaines. » Et pour ce qui est de « l’officiel », « fode pa nou fel ».
Ils étaient plus de cent migrants, travailleurs de divers secteurs venus de l’Inde, des Philippines, de Madagascar et même certains marins cambodgiens détenus en ce moment au port (leur bateau ayant été interdit de quitter Maurice), entre autres. La bonne humeur était au rendez-vous. Par ailleurs, une seule députée de l’Assemblée nationale, Lysie Ribot, s’est déplacée en tant que « citoyenne ».
Le père Jean-Maurice Labour, vicaire général et aumônier de la Commission Justice & Paix, salue la spontanéité de l’événement en affirmant que plus de moyens pourraient être déployés l’année prochaine.
Il serait utile de rappeler que si la Journée internationale du migrant et des travailleurs étrangers naît d’un décret de l’Unesco, aucune activité n’avait été prévue par les autorités locales. Pourtant, il y aurait environ 25 000 étrangers à travailler à Maurice dans divers secteurs de l’économie : du textile à l’hôtellerie, aux centres d’appels.