Les travaux de construction et de rénovation entrepris à l’hôtel St-Géran continuent de provoquer des remous. Après la visite du leader du MMM sur le site la semaine dernière et une manifestation organisée dimanche dernier par les habitants et pêcheurs de la localité, mercredi c’était au tour du ministre de l’Environnement, Étienne Sinatambou, de s’y rendre. Un constat de visu effectué en présence de quelques pêchers et des officiers de son ministère, et durant lequel le ministre a pu prendre connaissance de l’ampleur des travaux, qui ont d’ailleurs connu un coup d’accélérateur, note George Ah Yan, porte-parole du Forum Citoyens Libres, qui assiste les pêcheurs de la région dans leur revendication. Ainsi, face aux fouilles dans le lagon démarrées mardi, selon les pêcheurs, et qui risquent de détruire l’écosystème marin, avec pour conséquence un impact sur le gagne-pain des pêcheurs, le FCL déposera demain une injonction en cour, réclamant l’arrêt des travaux. Entre-temps, la direction de l’hôtel annonce sa réouverture le 1er décembre 2017.
C’est avec étonnement et beaucoup d’appréhension que les habitants et pêcheurs de Poste de Flacq ont constaté depuis mardi dernier des travaux de dragage de sable dans le lagon de St-Géran. Des fouilles effectuées à marée basse et même durant la nuit, avec de grosses machines. « Jamais on nous a dit qu’il y aurait ces fouilles », déplore le porte-parole du FCL, qui est allé s’enquérir de la véritable nature de ces travaux auprès du ministère de l’Environnement. D’autant que des changements auraient été apportés à l’Environment Impact Assessment initial.
D’où également sa démarche pour entrer en communication avec le ministre de tutelle, qui a accepté de faire un état des lieux avec les pêcheurs, mais sans la presse, mercredi dernier. Si Étienne Sinatambou a fait comprendre qu’il rencontrerait à nouveau les pêcheurs et autres protestataires durant cette semaine après enquête, lors de sa conférence de presse hier, il a laissé comprendre que « tout ce qui se fait au Saint-Géran se fait dans le respect de l’environnement. Les spécialistes concernés y travaillent pour nous assurer que tout se passe dans les meilleures conditions » (voir texte plus loin).
Or, pour les pêcheurs, la situation ne peut pas attendre car avec l’avancée des travaux, dont les fouilles, les dégâts risquent d’être irrémédiables. C’est le message également passé lors de la manifestation tenue dimanche dernier à « La Pointe » (Ilot Banane) dont ils craignent la privatisation. « On ne comprend pas pourquoi cette île est agrandie. On nous parle de récif artificiel, mais en réalité c’est un agrandissement de l’îlot. Auparavant les gens allaient sur cette île pour pique-niquer. Nous craignons que l’accès nous soit interdit, car l’île devant servir au St-Géran pour un développement économique. »
Face à la situation, le FCL a décidé de déposer ce lundi une demande d’injonction pour stopper les travaux. Le temps pour les protestataires d’analyser les données du EIA controversé. Parallèlement, ils comptent continuer leur série de meetings de sensibilisation, dont le prochain est prévu le 6 octobre à Bramsthan à partir de 14h30.