L’Independent Commission Against Corruption (ICAC) a été alertée d’un éventuel cas de conflit d’intérêts à la Rights Management Society (RMS). Une compagnie, qui appartiendrait à un proche du ministre des Arts et de la Culture, Dan Baboo, aurait obtenu un contrat pour des travaux au bâtiment de la société. Toutefois, dans les milieux de la RMS, ainsi qu’au niveau du ministère, on affirme que ce contrat a été alloué après un appel d’offres public et que « tout a été fait dans les règles ». L’entourage du ministre affirme même que « l’enquête de l’ICAC a été bouclée et que ce ne sont que des allégations ».
Des officiers de l’ICAC se sont rendus à la RMS la semaine dernière, en vue d’obtenir des documents concernant l’allocation de ce contrat à une compagnie, qui aurait une proximité avec le ministre Baboo. Avec les différents problèmes administratifs et l’absence d’un directeur depuis un certain temps, le bâtiment de la RMS était dans un état déplorable. Les structures en métal des auvents étaient en mauvais état, de même que les climatiseurs suspendus à l’extérieur du bâtiment. Qui plus est, ces mêmes auvents abritaient des pigeons causant un problème environnemental et sanitaire. À plusieurs reprises, les voisins se sont plaints de cette situation. D’où la décision d’enlever ces structures.
L’année dernière, la RMS a lancé un appel d’offres public pour l’entretien du bâtiment. Cela consiste principalement à enlever les structures en métal ainsi que les climatiseurs. Des « lanceurs d’alerte » ont avancé auprès de l’ICAC que c’est un proche du ministre Baboo qui a décroché le contrat, alors même que la RMS est placée sous la tutelle du ministère des Arts et de la Culture.
Même si les travaux ont déjà été complétés, ce n’est que la semaine dernière que des officiers de la Commission anticorruption se sont rendus à la RMS; ils ont demandé à voir les « minutes » des « board meetings » durant lesquels ce sujet a été évoqué. Toutefois, Julien George, président de la RMS, n’est pas au pays actuellement. Il se pourrait qu’il soit entendu à son retour dans ce contexte.
Sollicité sur cette affaire, un porte-parole du ministre Baboo a fait savoir que « tout a été fait dans la transparence ». De même, il soutient que « l’enquête de l’ICAC est bouclée et qu’il ne s’agit là que des allégations ». Il n’a pas confirmé toutefois, si le ministre a des liens ou non avec celui qui a décroché le contrat.
Même son de cloche au niveau de la RMS où on dit avoir suivi toutes les procédures pour l’allocation de ce contrat. On rappelle également que les appels d’offres ont été publiés dans la presse. L’ICAC, contactée par Le Mauricien, a mis en exergue la nature confidentielle des investigations et n’a pas communiqué en ce sens.
Le bâtiment de trois étages abritant la RMS, autrefois connue comme MASA House, à Beau-Bassin, avait été acheté au coût de Rs 5 millions en 2005 et a nécessité des travaux de Rs 4 millions pour le compléter. Aujourd’hui, il abrite les bureaux de la RMS, mais aussi une salle polyvalente où les artistes, membres de la société, peuvent tenir des réunions, notamment.