Une quinzaine d’habitants et de pêcheurs de la région de Poste-de-Flacq, assistés par le porte-parole du Forum Citoyens Libres, George Ah Yan, avaient logé une action en Cour suprême afin de s’opposer aux opérations de dragage en marge d’un projet de développement à l’Îlot Banane. Ils ont remporté la bataille, l’hôtel Saint Géran, par le biais de son avoué, Me Iqbal Rajabalee, ayant pris l’engagement devant le juge Asraf Caunhye d’arrêter l’ensemble des travaux. 
Lundi, les promoteurs de l’hôtel Saint Géran s’étaient engagés à poursuivre les travaux uniquement « inland ». En effet, devant le juge en chambre, l’hôtel Saint Géran avait pris l’engagement d’arrêter tous les travaux en mer et dans le lagon, ajoutant qu’il procèderait à l’enlèvement des barrières installées. Les différentes parties devaient revenir en cour aujourd’hui après que le juge ait ordonné à un arpenteur du ministère des Terres d’évaluer si le “high water mark level” de 30 mètres avait été respecté. 
Aujourd’hui, en cour, Rishi Singh Doorgachurn, Government Land Surveyor du ministère des Terres, a juré un affidavit dans lequel il fait état de son rapport. Il explique que le niveau observé par les promoteurs est de 21 mètres, et non 30 mètres comme le préconise la loi. Devant ces faits, l’hôtel Saint Géran a pris l’engagement d’arrêter l’ensemble des travaux, que ce soit sur terre ou en mer. Le juge Asraf Caunhye n’a pas manqué de faire ressortir que le District Council, après avoir émis le Land and Building Permit, ne s’est pas assuré que les conditions avaient été respectées. 
George Ah Yan, porte-parole du Forum Citoyens Libres, qui a apporté son soutien aux pêcheurs, estime qu’il s’agit « d’une victoire de David contre Goliath », poursuivant : « L’hôtel Saint Géran a pris l’engagement de remédier à la situation. Nos quatre demandes ont été acceptées. Je salue les pêcheurs qui ont refusé de prendre l’argent pour porter l’affaire en cour et qui ont lutté pour leurs droits ! » Ce dernier, qui tiendra un rassemblement le 20 octobre à Trou-d’Eau-Douce, affirme qu’un autre volet de cette bataille sera de s’assurer que les promoteurs respectent leurs engagements et restaurent la plage publique et l’environnement de cette région, telle qu’elle était auparavant. Les pêcheurs devraient aussi loger une action civile en cour pour réclamer des dommages pour les préjudices causés. 
En effet, le groupe de 15 contestataires a sollicité une injonction pour stopper le dragage qui a lieu dans le lagon et qui risque de détruire l’écosystème marin. Dans leur demande d’injonction, les contestataires affirment avoir été informés en décembre 2016 que l’hôtel Saint Géran avait obtenu le feu vert, par voie de permis Environment Impact Assessment (EIA), pour la réhabilitation de la plage se trouvant devant l’établissement. Les demandeurs sont représentés par Mes Vimal Rajkumar, Krishna Sawoo et Mahen Saulick ainsi que par l’avoué Sunil Luchmun.