À Résidence Barkly, un trou béant de plus de dix mètres de profondeur dépourvu d’un barrage adéquat présente un réel danger pour les enfants des alentours

Les grands travaux sur le chantier du Metro Express sont au cœur de toutes les conversations à Barkly. Et pour cause, d’énormes machines opérées par une équipe d’une dizaine d’ouvriers réalisaient à la fois la fouille du terrain et l’exécution des travaux de fondation lorsque Week-End s’y est rendu, jeudi dernier.

Si la majorité des résidents s’accorde à dire que le métro va apporter une nouvelle impulsion au quartier, les avis divergent sur la façon dont les travaux se déroulent, notamment aux niveaux sécuritaire, social, technique et de la communication.

Ce qui frappe d’entrée de jeu à la rue Nelson Mandela, c’est la sérénité dans le langage des résidents malgré la situation. Au milieu des morceaux de béton jonchant le sol, vestiges de ce qu’il y a un an étaient des murs de maisons, Faizal se confie. « Je n’aurai bientôt plus de garage, c’est clair et net. » Les bulldozers feront, comme ce fut le cas en septembre 2017, bientôt tomber le reste de sa maison pour faire place au tracé du Métro. Le quadragénaire semble résigné en répondant à une de nos questions. « C’est vrai que quitter cet endroit nous effleure souvent l’esprit, ma femme et moi, mais attendons voir. » Faizal souligne par ailleurs avoir eu l’assurance de « certaines personnes » de Metro Express Ltd et Larsen & Toubro qu’« un emplacement sera aménagé pour que quelques véhicules puissent se garer. »

Même son de cloche du côté de sa voisine. « Vous savez, je ne souhaite qu’une chose, c’est qu’on puisse vivre en paix à l’arrivée du métro et que ma maison continue à tenir debout. » À quelques encablures, en face de l’ex-complexe sportif de Barkly, il y a ceux pour qui le projet suscite l’intérêt et l’engouement. Dorine, qui tient une tabagie, souligne que « la modernisation du quartier et le respect des heures des travaux des contracteurs font que je reste confiante que la concrétisation de ce projet sera bénéfique à tous les habitants. » Un avis partagé par un de ses clients. « Mwa kan mo bizin al travay, mo gagn problem bis tou le tan e avek metro tousala pou rezoud. »
D’autres qui résident à deux pas du centre social, en revanche, ont pour le moment l’impression de n’en subir que les nuisances. « Biento mo leskalie pou tom direk lor sime akoz sa metro-la », peste Véronique qui, rejointe par son époux, souligne le manque de sécurité autour du périmètre de sa maison. Pour cause, un trou béant de plus de dix mètres de profondeur dépourvu d’un barrage adéquat. « C’est un véritable danger pour les enfants qui jouent souvent dans les alentours », soutient-elle.
Vandermeersch dans l’oeil du cyclone

Sa voisine regrette d’avoir été « une des proies faciles » lors de la campagne pour les élections générales de 2014. « J’ai vu défiler chez moi presque quotidiennement ceux qui sont soit ministres ou députés aujourd’hui et qu’on n’a jamais revus pour nous montrer ne serait-ce qu’un plan du passage du Metro Express. » L’absence de courrier, le facteur ne passant plus depuis plusieurs semaines, est un autre objet du courroux des habitants de cette partie de Résidence Barkly.

Vandermeersch, le long de l’ex-Promenade Roland Armand, n’aura jamais autant connu de tranquillité depuis le début des travaux du Metro Express. C’est le constat dressé depuis une dizaine de jours par les riverains. Selon leurs informations, les ouvrages reprendront leur cours normal en janvier. « Le calme avant la tempête », rigole Magdala, une habitante de la localité. En effet, à part la présence d’un ouvrier pour l’inspection des matériaux et autres machines de construction, le chantier ressemble plus à un désert poussiéreux. « La poussière demeure le seul inconvénient », poursuit la quinquagénaire, qui dit espérer de la part des autorités qu’il y ait plus de dialogue pour 2019, surtout après les évènements de la rue sir Virgil Naz à Rose-Hill. Nous rencontrons plus loin un jeune homme assis sur une brique devant sa porte. «Cette tranquillité me rappelle la période où l’on pouvait aller courir sous les magnifiques arbres du jardin », nous confie-t-il, en s’interrogeant sur les avancées des travaux du parc d’Ébène.

En attendant la reprise des travaux, notamment en ce qu’il s’agit de la pose des rails, nombreux sont ceux qui attendent toujours la visite du ministre des Infrastructures publiques, Nando Bodha, histoire, selon un riverain, « de remettre les choses au clair. »