Plus que quelques jours avant Londres 2012. Pour Fabienne St Louis, ce sera un rêve d’enfant qui se réalisera. Le triathlon mauricien sera représenté pour la première fois aux Jeux Olympiques et la championne fera de son mieux pour marquer son passage, elle qui a su faire preuve d’une ténacité exemplaire pour gravir les échelons de sa discipline.
En France, où elle s’entraîne depuis quelques années, l’athlète de Lagardère Paris Racing vit au rythme de ce grand rendez-vous sportif. L’interview accordée à Scope, cette semaine, permet à la fabuleuse Fabienne de revenir sur son parcours et de nous parler de son état d’esprit, avant de reprendre l’entraînement.
Dans quel état d’esprit êtes-vous à quelques jours des Jeux Olympiques ?
Pour le moment, l’entraînement me prend beaucoup de temps. Je suis très motivée pour cette course et j’essaye de me préparer au mieux. J’ai un peu de stress; j’ai donc hâte d’y être ! Je n’y pense pas trop, pour éviter d’augmenter la pression.
Comment gérez-vous cette pression ?
Avec mon entraîneur, on fait de la visualisation pour faire partir le stress. Et surtout pour me mettre dans un état d’esprit de réussite, donc pour évacuer toutes les énergies négatives…
Que représente, pour vous, une participation à ces Jeux ?
Une participation aux Jeux est la réalisation d’un rêve de gamine, l’aboutissement de tous les efforts et de tous les sacrifices depuis mes débuts.
Comment se passent les préparatifs pour vous en ce moment ?
Mes journées se résument à : me lever, manger, m’entraîner, manger, faire la sieste, m’entraîner, manger et dormir. Les entraînements varient selon les périodes et le travail à effectuer. Je n’ai pas de vie sociale, c’est-à-dire : pas le temps pour les amis et les soirées ! C’est le prix à payer. Ma famille a également été un peu mise en retrait, car je dois zapper tous les appels, étant constamment à l’entraînement. Mais, promis, je me rattraperai après le 4 août.
Quels sont les objectifs que vous vous êtes fixés pour les Jeux de Londres ?
Les Jeux de Londres seront mes premiers Jeux Olympiques en tant qu’athlète. Je n’ai aucun objectif en termes de classement. Mais je ferai de mon mieux pour être dans le coup en natation et pour profiter pleinement de cette course.
Humainement, quelles sont les expériences que vous espérez vivre à travers cette participation ?
Je veux surtout représenter mon pays cet événement d’envergure et rencontrer des athlètes d’autres disciplines. Dans le domaine du triathlon, je connais déjà les meilleurs mondiaux et je les côtoie pendant toute l’année. Donc, ce sera pour moi l’occasion de rencontrer d’autres sportifs. En 2004 déjà, j’ai déjà vécu des moments très forts lors du Camp de Jeunesse. Je n’ose pas imaginer ce que sera Londres…
Qu’est-ce qui motive un athlète à donner autant de lui-même dans sa quête constante vers l’excellence ?
Je ne pourrais pas m’exprimer pour les athlètes en général. Je pense que la motivation de chacun est personnelle. Pour ma part, je fais du triathlon depuis que je suis toute petite. Grâce à mes parents, j’ai eu la chance de pouvoir voyager et d’observer les meilleurs de l’époque. C’est l’admiration pour ces champions qui m’a donné envie de devenir comme eux… Ensuite, il y a l’amour pour le sport pratiqué. Si on n’aime pas cela, tout devient compliqué.
Tout au long de votre carrière, où avez-vous puisé un tel sens d’abnégation et de persévérance ?
Il y a beaucoup de choses qui me motivent. Mes parents sont la base de tout. Ils m’ont permis de voyager et de découvrir tellement de choses lorsque j’étais jeune. Il y a aussi le fait que, même si cela n’a pas été facile pour eux, ils ont toujours accepté mes choix. Ensuite, il y a eu mon arrivée en France où je me suis retrouvée au sein d’une structure incroyable. J’ai un super entraîneur qui croit en moi, de super copains d’entraînement, sans compter les différents stages. Toute l’équipe du Lagardère Paris Racing est à fond derrière moi et n’arrête pas de m’encourager. C’est très motivant.
Qu’est-ce qui aurait pu provoquer un sentiment de découragement chez vous ?
Effectivement, il y a eu de facteurs qui auraient pu m’avoir découragée. D’abord, les blessures qui arrivent en début de saison ou durant la période hivernale. Mais bon, tant que ça passe… Après, il y a le manque d’intérêt total de certaines instances – dont la plus importante – à Maurice. Je ne veux pas donner l’impression que je ramène tout à l’argent. Mais le manque de soutien et d’aide financière aurait pu avoir des conséquences. Sans argent, je ne peux rester dans le classement mondial, et je ne peux donc pas me qualifier pour différentes courses ! Heureusement que ma passion pour ce sport est plus forte que ces “détails”; cela ferait longtemps sinon que j’aurais tout arrêté…
En ce moment, quelle forme de soutien attendez-vous des Mauriciens en général ?
Je ne sais vraiment pas à quoi m’attendre, car je ne sais pas ce que signifie être suivie par un peuple. Mais j’espère que ma qualification permettra aux Mauriciens de découvrir mon beau sport et de s’y intéresser davantage… J’espère aussi qu’ils seront beaucoup à me soutenir, le 4 août.
Quelles seront vos priorités, une fois les Jeux Olympiques terminés ?
Wow, ça va arriver vite ! Ça va me faire vraiment bizarre de passer cet objectif, fixé depuis un peu plus de six ans. Après les Jeux, je prendrai un peu de repos pour ensuite enchaîner très vite avec le fin de saison française. Je pense attaquer une formation dès la fin de la saison, ce, durant les deux années à venir. Après, direction Rio 2016, si Dieu le veut…
Quelque chose à ajouter ?
Un grand merci à toutes les personnes qui me soutiennent et qui croient en moi. Merci à tous ceux qui m’envoient des messages de félicitations. Merci à mes parents, sans qui je n’aurais rien fait de tout cela. Merci à mon coach/copain, qui a su me supporter durant les nombreuses périodes de doute et qui m’a fait arriver là où il fallait. Et merci à tous mes sponsors, au ministère de la Jeunesse et des Sports, au Comité Olympique Mauricien, au Trust Fund for Excellence in Sports.
Que pouvons-nous vous souhaiter ?
Rien de plus que de la réussite… et un peu de courage 😉