Le Tchèque Tomas Svoboda et l’Australienne Sarah Lester ont enlevé avec brio, dimanche au Morne, la première des cinq étapes de Coupe d’Afrique ATU. Ils sont venus à bout de toute une horde de concurrents sud-africains en survolant l’épreuve (750 m natation, 20 km vélo et 5 km course à pied) dans le temps de 57’03 et 1h04’55 respectivement. Face à cette rude opposition, la Mauricienne Fabienne St Louis se classe 5e en 1h07’06, Timothée Hugnin 12e, Boris Toulet 13e et Sheanil Nemdharry 14e.
C’est bien la première fois qu’une Coupe d’Afrique de sprint se tient à Maurice. Et l’épreuve, comme son nom l’indique, a été époustouflante, concurrents et concurrentes conservant le suspense jusqu’au bout. Jusqu’à la fin de la partie vélo, il était toujours impossible de désigner les vainqueurs, alors qu’un trio chez les hommes et un groupe plus compact en féminin s’élancèrent à l’assaut de l’étape décisive.
Tomas Svoboda engagea la bataille contre les Sud-Africains Wikus Weber, annoncé comme l’un des favoris, et Eddie Van Heerden, non-moins redoutable. Le trio avait du reste déjà pris l’ascendant sur le reste dès la sortie de l’eau. Mais il fut vite repris en vélo, notamment par le Namibien Drikus Coertzee, qui mena pendant un moment la course en tête. Mais ce dernier s’effondrait complètement à l’arrivée de l’étape, alors que le trio avait réussi à s’extirper pour rallier la base avec une légère avance.
Tomas Svoboda mit à ce moment-là le turbo. Accroché au début par les deux Sud-Africains sur la première boucle de course à pied, il les mit dans le vent sur la fin du parcours pour s’envoler définitivement seul vers la victoire, qu’il a accueillie avec beaucoup de joie et de satisfaction.
« Mon but était de finir dans les trois premiers, mais je suis premier … C’est au-delà de mes attentes. C’est super. Il a fallu les rattraper en vélo et attendre la course à pied où je suis meilleur pour faire la différence. Le vélo n’est pas mon fort, mais en natation, j’avais quand même d’assez bonnes sensations en sortant 2e derrière un des Sud-Africains », confiait-il.
À 29 ans, il enchaînait seulement sa 4e course après qu’il eut choisi d’abandonner l’Ironman pour opter pour les courses de l’ITU. Son dernier Ironman remonte à novembre dernier en Floride, États-Unis, raconte-t-il. « Maintenant, mon objectif est de faire de mon mieux pour récolter des points et me qualifier si possible pour les Jeux Olympiques de Rio 2016. Je n’avais jamais jusqu’ici affronté des Africains. Mais j’avais rencontré Weber à Port Elizabeth lors d’un camp d’entraînement que j’avais effectué avant l’Ironman de Floride. »
Tomas Svoboda s’était classé 8e à Macao, 6e aux Philippines, 5e en Ukraine avant de décrocher sa première victoire dans une course ITF à Maurice. Il compte maintenant s’aligner aux championnats d’Europe qui arrivent dans trois semaines en Autriche, puis s’entraîner au Colorado (États-Unis), avant « de tenter le coup à la Coupe du Monde ».
L’épreuve féminine était lancée trois minutes après celle des hommes. Et on a toujours vu la Mauricienne Fabienne St Louis à l’attaque dès la sortie de l’eau. C’était en fait son premier véritable test avant sa rentrée nationale en France avec la Team Charente, où elle va enchaîner des courses plus relevées. En embuscade derrière trois Sud-Africaines, en l’occurrence, Jayme-Sue Vermaas, Céleste Renaud et Vicky Vender Merwe, elle s’élança à l’assaut de l’étape vélo précédant de quelques secondes l’Australienne Sarah Lester.
Mais c’est bien dans cette partie de la course que tout s’est joué… contre la Mauricienne. Frustrant. « J’étais toujours dans le groupe, mais Schwulst (Af Sud), qui d’habitude roule à fond, n’a cette fois rien fait. Elle n’est jamais passée devant et m’a toujours ramené les autres dessus à chaque fois que j’attaquais. Je voulais faire le trou. En natation, j’étais toujours là. C’est dur. Bien sûr que je voulais faire un podium. Pas grave, puisque je n’étais pas aussi dans les meilleures conditions, mais elles ont eu du mal à me lâcher », avoua-t-elle.
C’est donc seule contre cinq qu’elle rallia la base pour s’élancer en course à pied. Plus véloce, l’Australienne Sarah Lester se détacha pour s’imposer avec une petite avance. Une surprise pour elle-même, avouait-elle. « Il a fallu vraiment cravacher pour les battre dans ce groupe compact. C’était dur, mais j’ai tout donné en remontant les meilleures qui m’avaient précédée en natation. Il ne me restait que la course à pied pour espérer les battre… Je suis très contente car je ne m’y attendais pas. »
L’Australienne de 28 ans découvrait elle aussi le niveau africain après l’Asie et l’Océanie. Elle compte repartir en Chine — où elle avait déjà couru le mois dernier — pour une nouvelle course prévue cette semaine avant de passer le reste de la saison en Europe s’entraîner. Et les JO 2016 dans tout ça ? « Je n’ai commencé le triathlon que depuis l’an dernier et je n’ai disputé que 7-8 courses jusqu’ici… Je préfère penser à Tokyo 2020. »
Quant aux autres Mauriciens qui étaient en lice, ils ont eu le courage de terminer leur course dans les temps sans se faire rattraper. Boris Toulet, 13e chez les hommes, n’aura de regret que de ne pas s’être présenté en pleine forme. Il revient d’une chute de vélo survenue il y a deux semaine en Afrique du Sud et qui lui a lui laissé des séquelles.