Décidément, le Club Maurice est subitement pris d’un profond malaise à Londres à quelques heures maintenant de l’ouverture des Jeux Olympiques. Après les remous provoqués par la demande supplémentaire d’accréditation en faveur de l’entraîneur de beach-volley, le Français Thierry Long, au sein du défilé, c’est la triathlète Fabienne St Louis qui insiste à son tour pour que son coach, David Bardi, obtienne une accréditation pour l’assister lors de sa course prévue le 4 août.
Ces incidents commencent à prendre des proportions démesurées. Car il y aurait aussi d’autres voix qui s’élèvent au sein du Club Maurice pour décrier leur mise à l’écart du sacro-saint défilé de la délégation mauricienne prévue en grande pompe ce soir au Stade Olympique de Londres.
Il est prévu que Fabienne St Louis quitte aujourd’hui Paris, où elle peaufine sa préparation, pour rallier Londres pour le défilé. Mais une fois le défilé terminé, elle rentrera à Paris où l’attend son coach pour y poursuivre son affûtage vu que celui-ci n’a pas été accrédité à Londres en tant que tel. À qui la faute ?
« Pas au Comité olympique mauricien (COM) en tout cas, affirme le président de cette instance, Philippe Hao Thyn Voon. La Fédération mauricienne de triathlon (FMTri) savait déjà avant le départ pour Londres qu’elle ne disposait que d’une seule place pour le défilé. Mais elle a choisi son secrétaire Alain St Louis. Elle avait également fait une demande pour que David Bardi soit accrédité, mais le pays organisateur a répondu que ce dernier n’était pas éligible (non-compliant). Ici à Londres, certains dirigeants croient que c’est le COM qui joue le méchant. Ce n’est pas vrai. À mon avis, la FMTri aurait dû logiquement préférer David Bardi à Alain St Louis, Bardi étant le coach de Fabienne St Louis. C’est donc au secrétaire de s’expliquer avec sa fille. L’attitude de Fabienne St Louis est un acte d’indiscipline que je déplore. »
Selon nos renseignements, Alain St Louis s’est fait accompagner de Lindsay Paul, chef de mission du Club Maurice, pour rencontrer les responsables de l’accréditation à Londres pour négocier en faveur de David Bardi. Mais sa demande fut rejetée. « Le COM disposait initialement de sept places destinées aux officiels pour le défilé. Tout le monde était bien au courant. Il incombait aux fédérations concernées de trancher », poursuit le président du COM. Ce dernier dira aussi qu’un des officiels mauriciens sur place s’est adressé à lui sur un ton menaçant pour avoir été tenu à l’écart du défilé.
Vu qu’il n’existe aucune chance à ce stade que le désir de Fabienne St Louis soit exaucé, elle sera bien obligée de revenir à Londres dans quelques jours, soit à la veille ou le jour même de la compétition, à moins qu’elle n’opte carrément pour le boycott. Ce qui serait assez inimaginable. C’est en tout cas le bruit, néanmoins non confirmé, qui circulait dans les coulisses du Club Maurice à hier encore.
Fabienne St Louis est arrivée à Londres aujourd’hui à 13h par train à ses frais. Alain St Louis, contacté ce matin, maintient quant à lui « que Fabienne ne boycottera en aucune façon les Jeux. » « Le seul hic sera qu’elle aura à encourir les frais pour l’inscription du logo de Maurice sur sa combinaison de compétition. Le COM ayant refusé de le faire. »
On pourrait aussi s’interroger sur le rôle du chef de mission du Club Maurice qui a accordé à la triathlète la permission de faire le va-et-vient entre Paris en Londres. « Pour moi, c’est inacceptable car c’est contraire à l’esprit d’équipe. À part les protestations et les pleurs, tous se passe bien au sein du Club Maurice. Mais j’avoue être profondément désolé pour ceux qui devront suivre l’ouverture sur grand écran au Village des Jeux puisqu’ils n’ont pas obtenu l’accès au stade olympique. Je ne voudrais pas être à leur place. Ce n’est pas juste de la part du comité d’organisation », a conclu Philippe Hao Thyn Voon.
En tout cas, bien des choses devront être clarifiées au retour de Londres.