À la mi-journée a débuté devant la magistrate Maryse Panglose-Cala siégeant au tribunal de Pamplemousses l’enquête préliminaire sur le meurtre d’Hélène Lam Po Tang, 54 ans, commis le 13 octobre de l’année dernière à son domicile au Morcellement Swan, Baie-du-Tombeau. Des deux suspects interpellés par la Major Crime Investigation Team (MCIT), dont l’époux Gary Lam Po Tang, seul Sanjeev Nunkoo se retrouve dans le box des accusés. Des sources bien informées indiquent que le Directeur des Poursuites Publiques, Me Satyajit Boolell, Senior Counsel, aurait pris la décision d’instruire un exercice préliminaire séparé devant le tribunal de Pamplemousses pour expliquer l’absence de Gary Lam Po Tang aux délibérations.
L’un des premiers témoins assignés par le ministère Public, l’assistant surintendant de police Daniel Monvoisin, a donné lecture des premières réactions du meurtrier présumé quand il a été inculpé formellement par la police à la conclusion de l’enquête. « Mo inosan dan sa case-là. Mo nepli éna konfyans dan MCIT (…). Kan mo ine arrive laba (au domicile de la victime), madam-là ti ine fini mort. So lekor ti fini vine frais. Mo patron ti dire mwa alle rode ène parcel. Mo pa ti kone ke se ène lekor sa », avait déclaré Sanjeev Nunkoo après avoir été informé de la charge de meurtre retenue contre lui.
Toujours sur la base du témoignage de l’ASP Monvoisin, le suspect a proféré de graves allégations de brutalité policière contre des limiers de la MCIT en vue de lui faire assumer la responsabilité de ce crime atroce. Il a ajouté qu’il n’avait pas été en mesure de dénoncer ces actes de brutalité allégués même lors de la visite chez le médecin légiste. « Dokter mem ine dire mwa ki mo kone ou ine gayn batté ! » devait-il ajouter pour clamer son innocence dans cette affaire.
Les auditions des premiers témoins se poursuivent. Sanjeev Nunkoo a retenu les services de Me Rama Valayden. L’une des premières questions de la défense en ce début d’enquête portait sur l’heure du décès sur l’acte officiel. Officiellement, Hélène Lam Po Tang est décédée à 23 h le 13 octobre selon le rapport de l’autopsie du médecin légiste.
Le corps d’Hélène Lam Po Tang a été découvert en son domicile au Morcellement Swan, Baie-du-Tombeau, dans l’après-midi du 14 octobre 2010, par sa soeur et son beau-frère. Selon les conclusions de l’autopsie pratiquée par le Chief Police Medical Officer (CPMO) Sudesh Kumar Gungadin, elle avait été agressée de 25 coups d’arme tranchante, dont une fourchette à trois dents et un couteau. Son époux Gary Lam Po Tang se trouvait à ce moment-là en voyage d’affaires en Chine.
Dans le sillage de l’enquête policière menée par les limiers de la Major Crime Investigation Team (MCIT), placés sous la supervision du surintendant Yousouf Soopun, Gary Lam Po Tang, qui est défendu par Me Yousouf Mohamed, a été arrêté le 28 octobre 2010, peu après son retour au pays. Il a été incarcéré jusqu’au 26 février 2011, jour où il a été remis en liberté contre une caution de Rs 200 000 et deux cautions de Rs 30 000. Parallèlement, Sanjeev Nunkoo, qui était employé par Gary Lam Po Tang, avait été également arrêté. Dans un premier temps, il aurait laissé entendre qu’il avait tué Hélène Lam Po Tang, puis serait revenu sur sa première version en disant qu’il avait été dépêché sur place pour faire disparaître le corps.
Le mystère de ce meurtre demeure le fait que l’arme du crime n’a pas été retrouvée jusqu’ici.