Deux hommes, traduits devant le tribunal de district de Port-Louis sous une accusation d’avoir demandé de l’argent sous menace, ont été acquittés par la magistrate Reshma Sewpaul-Ramdhur dans un jugement qu’elle a rendu il y a quelques jours. Elle est arrivée à la conclusion que la poursuite n’a pu établir la culpabilité des accusés.
Dans cette affaire, le plaignant, principal témoin de l’accusation, a relaté à la Cour que le 24 octobre 2007, vers 10 h 30, deux hommes l’ont abordé alors qu’il se trouvait dans l’enceinte de l’immeuble Renganaden Seeneevassen (bâtiment NPF). Ils l’ont attaqué et lui ont demandé de l’argent, en le frappant avec un casque de motocyclette.
Ils l’ont emmené à son bureau, où l’un des agresseurs tenait à la main un couteau, tandis que l’autre retenait la présumée victime. Il menaçait de le blesser s’il tentait de s’enfuir.
Continuant son récit, la victime a indiqué à la magistrate que les deux hommes l’ont séquestré dans son bureau, qui était vide. Il a ajouté qu’une troisième personne était venue rejoindre les deux agresseurs.
Dans un premier temps, a-t-il expliqué, ils lui ont réclamé une somme de Rs 1 200 qu’il devait, selon eux, à un dénommé Patrick. Par la suite, ils lui ont dit de leur remettre une somme de Rs 25 000. La victime a alors appelé trois amis pour qu’ils trouvent les sommes demandées. Il a précisé, toujours en Cour, que ces derniers allaient collecter l’argent dans l’après-midi.
Par la suite, les agresseurs l’ont embarqué de force dans une voiture. Ils l’ont conduit à Pointe-aux-Sables, puis à Beau-Bassin, où il a été frappé. Vers 1 heure du matin, on l’a déposé chez lui, avec pour consigne d’appeler ses agresseurs pour qu’il leur remette l’argent réclamé.
Accompagné de son frère, il s’est rendu au Champ de Mars, où il a remis à chacun des deux accusés une somme de Rs 10 000. Toutefois, ces derniers n’ont cessé de l’appeler pour réclamer encore de l’argent.
La victime a affirmé qu’il a alors consigné une déposition à la police dans laquelle il a tout relaté. La police lui a demandé de les convoquer. Lors de ce rendez-vous, le 21 novembre 2007, aussitôt qu’il a vu le témoin à charge, l’accusé N°1 s’apprêtait à lui asséner un coup de casque, mais il a été arrêté par des agents de police.
L’avocat de l’accusé N°1, Me Rama Valayden, a longuement contre-interrogé le témoin à charge. Entre autres précisions obtenues, l’on a pu savoir qu’il a été conduit à un bureau proche du sien, qui n’était pas fermé et où trois autres employés étaient présents, de sorte que si une personne parlait à haute voix, tout le monde l’aurait entendu. De plus, soutient-il, le témoin a signé un document sans avoir lu ce qui y était écrit.
À des questions de l’avocat de l’accusé N°2, le témoin a admis que dans sa déposition, il n’a pas mentionné de couteau en possession d’un des deux accusés. Il a reconnu qu’au NPF Building, il y a toujours une présence policière. Il a nié qu’il devait de l’argent à quelqu’un, bien qu’il ait reconnu avoir eu des problèmes avec le dénommé Patrick relativement à une affaire de registration fee de Rs 1 200.
Après avoir écouté le récit, relaté avec force détails et à la minute près de la présumée victime, la magistrate dit avoir eu l’impression que le témoin a, des heures durant, subi une torture et une séquestration. Mais, ajoute-t-elle, cette impression s’est estompée quand le témoin est passé par l’épreuve de deux contre-interrogatoires.
« The most material inconsistency, among several others, was with regards to the knife which he never mentioned in his statement. This is a material fact to the case, given the charge is one of demanding money by threat. The Court finds this surprisng that the issue of knife was only brought up in Court for the first time », soutient la magistrate.