Bon exercice que celui entrepris par ceux qui aiment mesurer le degré de transparence des uns et celui de l’opacité des autres. Il en a été ainsi de la 68e assemblée générale des Nations unies qui s’est ouverte le 17 septembre et qui termine ses travaux ce lundi 30.
Comme tous les dirigeants des pays démocratiques de la planète, Barack Obama est présent sur le site de la Maison Blanche et tous ses faits et gestes y sont détaillés.
Son calendrier à l’ONU était décliné à la minute près comme suit : 10 : 10 AM : The President addresses the United Nations General Assembly, 10 : 50 AM The President meets with John Ashe, President of the United Nations General Assembly, 11 : 35 AM The President holds a bilateral meeting with President Michel Sleiman of the Republic of Lebanon, 12 : 50 PM The President meets with United Nations Secretary General Ban Ki-Moon, 1 : 15 PM The President attends a luncheon hosted by United Nations Secretary General Ban Ki-moon, 3 : 00 PM The President holds a meeting with Palestinian Authority President Mahmoud Abbas, 4 : 55 PM The President participates in a conversation with former President Clinton about the future of health care reform, 7 : 35 PM The President delivers remarks at DNC reception, 9 : 40 PM The President and the First Lady depart New York en route Andrews Air Force Base, 10 : 35 PM The President and First Lady arrive at Joint Base Andrews, 10 : 50 PM The President and the First Lady arrive at the White House. Tout ceci en la seule journée du mardi 24 septembre.
Même chose pour le président de la république française François Hollande dont le déplacement à New York était détaillé sur le site de l’Élysée : départ mardi 24 septembre à 10 heures (heure de Paris) ; 17 h 45, intervention à la tribune de l’assemblée générale ; 18 h 30 conférence de presse ; 20 h 15, entretien avec Hassan Rohani, président de la république islamique d’Iran ; 21 h, rencontre avec Abdullah Gul, président de la Turquie ; 21 h 40, rencontre avec Ban Ki-Moon ; 22 h 15, entretien avec Evo Morales, président de la Bolivie ; 00 h 15, rencontre avec Shinzo Abe du Japon. Après cette dernière rencontre, le président français a mis le cap sur Paris et mercredi matin, il rencontrait son Premier ministre Jean Marc Ayrault avant de présider le conseil des ministres à 10 heures.
Pour le Premier ministre de la plus grande démocratie du monde, Manmohan Singh, c’est pareil. Départ annoncé, calendrier précisé et date de retour indiqué. Parti de New Delhi le 25 septembre son retour en Inde est prévu ce lundi 30 septembre. La première partie de son séjour a été consacrée à un volet officiel aux États-Unis avec une rencontre vendredi avec le président Barack Obama marqué par des gestes d’une exceptionnelle chaleur et des pourparlers avec des hommes d’affaires. Le Premier ministre indien s’est adressé à la 68e assemblée générale de l’ONU. Pas mal de rencontres bilatérales ce dimanche avec des dirigeants de pays voisins dont Nawaz Sharif du Pakistan.
Et notre cher Premier ministre dans tout ça ? Ce n’est pas comme les grands de ce monde, pour qui la transparence est de mise mais l’opacité et la culture du secret. Parti le vendredi 20 septembre, il aurait apparemment – on doit s’exprimer ainsi parce que son calendrier n’est pas aussi précis et détaillé que celui de ses homologues étrangers – passé le week-end à Londres avant de mettre le cap sur New York où il est arrivé mardi pour participer au Clinton Foundation Initiative, dont la réunion a été marquée par un échange Barack Obama/Bill Clinton. Sinon, selon ce que la télévision d’état nous rapporte, c’est qu’il a participé à une réunion de l’Internationale Socialiste qui n’a pas mobilisé les foules puisqu’il n’y avait qu’une quinzaine de participants, dont la vice-présidente de l’organisation Ségolène Royal, Georges Papandreou, l’ancien président grec et le contesté secrétaire général M. Ayala. Puis quelques rencontres, avec le président de la Malaisie, une visite à la représentation kenyane en solidarité avec ce pays qui vient de subir une attaque terroriste. Ce n’est que samedi que Navin Ramgoolam s’est adressé à l’assemblée générale et la date de son retour est comme d’habitude un grand suspense.
D’autres questions s’imposent. Pourquoi tant de mystère ? Pourquoi ces longs déplacements qui coûtent une fortune aux contribuables. Déjà dix jours à l’autre bout du monde et ça doit faire un paquet de per diem à quelque 800/1000 dollars par jour sans compter la belle équipée qui l’accompagne composée du ministre des Affaires étrangères – cela va de soi – de l’incontournable Suresh Seeballuck, de Kailash Ruhee, de Kalindi Banji, PS du Private Office, de Milan Meetarbhan, représentant auprès des Nations unies, de Subash Gobin, directeur de communication et de Jugdish Jatoo de la MBC, pardon ! de la NBC, la Navin Broadcasting Corporation qui tente tant bien que mal de meubler ses longues journées en rapportant des choses absolument insignifiantes alors qu’on nous annonçait qu’il « serait reçu par le président Obama » pendant que les grands de ce monde s’intéressent à l’Iran, à la Syrie et autres dossiers brûlants du moment.
Comment avec tout cela ne pas être d’accord avec Jack Bizlall et ceux qui avant lui avaient déjà déclaré que “the guy must go”. Too secret to stay !