Rashid Beebeejaun a estimé que la croissance économique pour cette année sera de l’ordre de 3,5 % seulement contre une prévision de 3,8 à 4 % lors de la présentation du dernier budget. Le Deputy Prime Minister et ministre des Finances suppléant a fait un tour d’horizon de la situation économique du pays, lors de la première réunion du comité tripartite, ce matin à Port-Louis.
« Même si notre économie demeure résiliente face à un contexte économique difficile au niveau international, nous opérons toujours à un niveau plus bas que notre potentiel en termes de croissance », a affirmé Rashid Beebeejaun. S’agissant de la performance sectorielle,  le gouvernement prévoit une croissance dans tous les secteurs de l’économie sauf dans celui de la construction, dit-il. Le secteur du seafood fera une meilleure croissance en 2014 comparé à une décroissance de 1,2 % en 2013, alors que le tourisme remontera la pente pour enregistrer une croissance de 3,9 % cette année contre 2,1 % en 2013 et zéro croissance en 2012. Selon les prévisions, le nombre de touristes augmentera de 3,7 % pour dépasser la barre d’un million et l’on s’attend à des recettes de l’ordre de Rs 44,7 milliards. Rashid Beebeejaun ajoute qu’il nous faut prendre en considération le ralentissement économique en Europe et sur les marchés touristiques traditionnels tels que celui de l’Afrique du Sud et de La Réunion, qui constituent une menace pour l’industrie touristique mauricienne.
Selon le Deputy Prime Minister, certains secteurs font toujours face à des difficultés, comme celui du textile qui connaîtra une croissance de seulement 1,5 % cette année contre 2,6 % en 2013. Le secteur des TIC va croître de 6,6 % en 2014 contre 12,7 % en 2008. Mais le secteur qui préoccupe le plus le gouvernement est celui du sucre qui fait face actuellement à un grave problème de baisse des prix. « C’est une menace directe à la survie même de cette industrie », a-t-il fait ressortir. Quant au secteur de la construction, il est en décroissance pour la quatrième année consécutive depuis 2011 avec une prévision de baisse de l’ordre de 6,7 % en 2014.
L’autre souci du gouvernement est la baisse, depuis plusieurs années, du taux d’investissement dans le pays qui a atteint les 21 % du Produit Intérieur Brut (PIB) cette année. Rashid Beebeejaun a indiqué que le taux de l’investissement privé a, lui, atteint 15 % en 2014 comparé à 20 % en 2009. Cette baisse se reflète surtout dans le secteur du bâtiment. Quant à l’inflation, elle est stable à 4 % depuis le début de l’année mais le chômage parmi les jeunes de 16 à 24 ans et parmi les femmes est inquiétant.
Auparavant, le syndicaliste Ashok Subron a interrogé le gouvernement sur l’introduction du salaire minimal et les Remuneration Orders (RO). Pour le salaire minimal, le ministre du Travail, Shakeel Mohamed, a répondu qu’une étude a été commanditée par le gouvernement et qu’un draft report a été soumis au conseil des ministres. « Un atelier de travail tripartite est prévu les 15 et le 16 octobre pour débattre de cette question », dit-il. S’agissant des RO, le ministre a dit en avoir adressé une série au National Remuneration Board (NRB). Le président de cette institution lui a cependant fait comprendre « qu’il ne peut pas aller plus vite que décembre 2014. »