Elle était attendue au tournant et elle a répondu présent dans son fief, devant un public acquis à sa cause! Elle, c’est Roilya Ranaivosoa, qui a conservé, jeudi lors de la première journée des Championnats d’Afrique d’haltérophilie, sa triple couronne dans la catégorie des moins de 48 kg. Le fer de lance de l’équipe mauricienne a été sacré avec une performance de 76 kg à l’arraché et 95 kg à l’épaulé-jeté pour un total olympique de 171 kg. Une véritable assurance tout risque !
Concentrée, déterminée et passionnée. Roilya Ranaivosoa aime le sport et spécialement le sien et elle l’a clamé haut et fort. « Je suis dans ma bulle. J’aime ma discipline et je veux aller encore plus loin. Je suis insatiable et des moments comme cela, je veux en vivre tout plein. C’est une fierté de remporter l’or à domicile, dans le gymnase où je m’entraîne tout le temps. C’est vraiment une consécration. Tout sportif rêve d’être sacré sur ces terres », a-t-elle fait ressortir après que le Motherland ait retenti dans le Centre national, à Vacoas. Il faut préciser qu’il y avait un boulevard devant elle, puisque la seule concurrente de sa catégorie, la Malgache Rosinath Randafison, ne faisait pas le poids. La Camerounaise Colette Mazom s’est, quant à elle, désistée à la dernière minute.
La championne d’Afrique n’a pas eu à forcer son talent, elle qui a assuré sa qualification aux Jeux du Commonwealth 2018 à Gold Coast, en Australie. Mais force est de constater qu’elle est loin de ses meilleures marques. En effet, en 2016, au Cameroun, elle avait été triple championne du continent avec une performance de 78 kg à l’arraché, 102 kg à l’épaulé-jeté pour un total olympique de 180 kg. En ce qu’il s’agit du concours, Roilya Ranaivosoa a réussi d’entrée à l’arraché 70 kg, puis 76 kg, mais a échoué à 81 kg. À l’épaulé-jeté, elle a réalisé 90 kg, 95 kg, mais a échoué à 100 kg. C’était visiblement trop pour elle. « Je voulais améliorer mes records personnels. Je n’ai pas réussi, mais avec plus de préparation, je pourrai me surpasser à l’avenir. Certes, je n’ai pas la même forme qu’aux Jeux des îles de l’océan Indien de 2015 ou des Jeux olympiques de Rio (2016), mais l’essentiel a été accompli. Je suis une battante et je vais continuer à travailler. Ce n’est pas mon genre de me plaindre. Je suis une compétitrice et j’ai fait ce que j’avais à faire. J’ai fait le boulot à la maison, devant mon public. C’est le plus important », a-t-elle précisé.
Notre interlocutrice a d’ailleurs tenu à dédier ce succès aux personnes les plus importantes de son existence. « Ces médailles sont pour mes proches. Ma maman est souffrante depuis un moment maintenant. Elle mène son combat et je mène le mien à ma façon. Yvan (Pierrot), je sais que tu nous regardes de là où tu es et je te dédie aussi ce sacre. Tu resteras à jamais dans mon coeur. Tu me manques beaucoup. Merci à Cédric Coret qui a toujours été là pour moi dans les bons comme les mauvais moments. Il est actuellement blessé et j’attends qu’il revienne à la compétition. C’est un battant, tout comme moi. Merci à tous ceux qui ont rendu cet exploit possible. Je m’estime privilégiée. C’est un véritable honneur », a-t-elle confessé.
La Mauricienne d’origine Malgache tentera maintenant de faire parler la poudre aux Championnats du Commonwealth. « Je veux aller le plus loin possible dans cette compétition. L’objectif sera de me préparer idéalement pour ce grand rendez-vous et d’arriver dans la pleine mesure de mes moyens. Je ne vais pas m’arrêter en si bon chemin. J’en ai encore dans le ventre et je vais tout faire pour y arriver », a-t-elle martelé. « Je ne m’impose aucune limite », a-t-elle conclu.
Au sein de son entourage, les commentaires sont très élogieux. « Les gens ne réalisent pas à quel point c’est difficile de demeurer au plus haut niveau. Roilya (Ranaivosoa) est une professionnelle avec des qualités exceptionnelles. Elle appartient à la cour des grands. Quand vous êtes au sommet, les adversaires font tout leur possible pour vous faire tomber. Combien de sportifs peuvent se targuer d’avoir conservé leurs titres de champion d’Afrique?? Roilya l’a fait et ce n’est pas uniquement dû à son talent, mais surtout à son mental de fer, son sens de l’abnégation et son envie constante de surpasser. Nous sommes fiers d’elle, » ont-ils avoué.