Il n’y a pas de querelles de styles entre générations chez les musiciens de l’océan Indien. Ils parvienneent à imposer une esthétique propre dès les premières mesures lorsqu’ils jouent ensemble. Le public a pu mesurer cela en écoutant Zamba et Tritonik sur scène. Eric Triton, qui partage depuis quelques années, une aventure musicale avec le percussionniste Norbert Planel et le tablatiste Shakti Shane Ramchurn, s’est illustré de manière brillante à Tana sur l’invitation de l’Institut français de Madagascar. Le trio qui privilégie les traditions musicales insulaires et le regroupement des musiciens jouant différents instruments (tabla, cajun, guitare) avait déjà entamé un voyage musical qui l’avait conduit jusqu’à la scène de la Bastille et ensuite donné  à l’Ile d’Oléron, dans l’ouest de la France, pas loin de la Rochelle pour une série de concerts.
Toujours fouillant mélodies et rythmes divers, Tritonik a entamé un dialogue intime gorgé de musiques traditionnelles, de blues avec le vahiliste malgache Zamba, une grande figure de la world musique. Zamba a interprété deux titres de Tritonik. Le rapprochement entre les musiciens malgaches et mauriciens repose moins sur leur nationalité que sur les fondamentaux du jazz, du blues, du séga. Eric Triton est revenu sur ce pan de sa carrière, ce qui lui a valu les honneurs du public. « J’ai beaucoup aimé la variété du répertoire. Si le groupe puise dans toutes les influences, il n’a pas pour autant renié ses bases, et c’est vraiment admirable… », a déclaré Saroy Rakotosolofo, chorégraphe présente dans la salle. Zamba a poursuivi en disant que « dans Tritonik, il y a cette synergie presque parfaite qui permet à chaque instrument d’avoir sa place… » Tritonik a retrouvé à Madagascar ce swing naturel et profond de ses débuts. Cette tradition fait partie d’Eric. Il la possède vraiment.