La mise en oeuvre du projet de cogestion de Tromelin, revendiquée par Maurice, fera l’objet de débats à l’Assemblée nationale française. Ce projet, qui a fait l’objet d’un accord entre les autorités mauriciennes et françaises, a été approuvé par le Sénat français récemment et devait normalement être entériné jeudi par l’Assemblée nationale française. Cependant, à l’initiative d’un parlementaire français, Philippe Folliot, le projet devrait être débattu par les parlementaires avant d’être adopté.
Un article paru dans Le Monde hier évoque la démarche de M. Folliot. Il évoque « un grave précédent d’abandon de souveraineté ».
L’accord de cogestion conclu avec Maurice a été d’abord évoqué par Jacques Chirac en 1999, puis repris par Nicolas Sarkozy en 2010. Il prévoit de partager la responsabilité de Tromelin en matière de protection de l’environnement. Ceci explique le comptage des oeufs de tortues, précise le quotidien français.
L’accord franco-mauricien prévoit également que des recherches archéologiques conjointes soient effectuées sur l’’îlot cogéré. Cette année, des archéologues mauriciens feront partie de la quatrième campagne de fouilles locales. Ils chercheront les tombes de 81 esclaves abandonnés ici en 1761. Leur négrier, L’Utile, avait fait naufrage. Les Blancs s’étaient sauvés sur un radeau. Les esclaves étaient restés là quinze ans, jusqu’à ce que le chevalier de Tromelin, qui donnera son nom à l’île, vienne recueillir les derniers survivants : sept femmes et un enfant de quelques mois. Ils mangeaient des oiseaux de passage et des oeufs de tortues.
L’îlot sur lequel Maurice réclame un droit de souveraineté couvre zone économique exclusive d’environ 280 000 km2. Tromelin est une langue de sable qui ne dépasse pas 1,5 km de long et 700 mètres de large, et culmine à 8 mètres d’altitude. Un récif de corail, trop proche des côtes pour former un lagon, interdit aux bateaux d’accoster.
Tromelin peut être abordée en avion militaire Transall ou par hélicoptère. Actuellement trois employés de Météo France assurent une permanence sur l’île.
L’accord Maurice-France prévoit, également, de partager la zone économique exclusive attachée à l’île pour la pêche au thon.