Le Trophée des Grimpeurs se tiendra aujourd’hui sur 27 km seulement. Une course raccourcie par rapport aux années précédentes, mais que les organisateurs veulent rendre plus intéressante en insérant des prix de la montagne au bout de chaque bosse. L’idée derrière serait d’encourager les coureurs à se surpasser.
Trois Prix de la Montagne, prévus au km 11 à Bois Puant, au km 19 (View Point de Chamarel) et à l’arrivée à Plaine Champagne au km 27. Et cette année, on pourrait encore assister à l’éternelle course d’attente, où le favori attend les lacets de Chamarel pour s’envoler vers la victoire. La longueur de la course — 27 km — la rend donc très calme.
À bien y voir, les plus nerveux seront bien entendu les coureurs de l’UCRH-Engen. Habitués des podiums mais sevrés de victoires depuis le sacre de Michaël Khedoo en fin de saison dernière, les Rose-Hilliens ne partent pas vraiment avec la faveur des pronostics.
Autant les coureurs de l’UCRH-Engen présentaient de solides arguments il y a quelques années, autant ils doivent maintenant faire face à une rude concurrence. Le départ d’Hugo Caëtane et Pascal Ladaub, deux coureurs qui réagissaient bien en montagne, a mis au grand jour les lacunes d’une équipe qui a connu ses meilleurs moments sous les ordres d’un leader. Mais depuis, il y a la lueur d’espoir emmenée par Michael Khedoo et Ashley Sumbhoolaul.
Sauf que depuis quelque temps, la machine bleue et blanche accuse le coup. Comme le reconnaît un membre de l’équipe, il n’y a peut-être pas grand-chose à faire. Yannick Lincoln est dans une forme éblouissante. Il suffit de voir de quelle manière il a remporté le Grand Prix Anglo Mauritius-Rotary Club de Flacq. Six minutes le séparaient de Philippe Colin. Aujourd’hui, sur une course de 27 km, quel écart comptera-t-on à l’arrivée ?
L’année dernière, il avait patiemment attendu son heure, grimpant à son rythme et se mettant en chasse à seulement cinq kilomètres de l’arrivée. Puis, il avait rattrapé Steward Pharmasse, longtemps leader de la course, à deux kilomètres de l’arrivée seulement. De quoi écoeurer les adversaires. Toute une série d’anecdotes, comme quand il tombe en panne et qu’il doit prendre le vélo d’Armand Lecourt pour terminer la course. Bref, de quoi montrer que Lincoln est vraiment le spécialiste des courses en montagne, même dans les moments difficiles.
Et puis, il y a les autres. Selon Yannick Lincoln lui-même, ses coéquipiers tournent bien. Il a même cité les noms de Grégory Lagane et Mathieu Le Blanc. Mais sur les deux, seul Lagane a un profil de grimpeur. Le Blanc, lui, est plus apte à faire la course à l’avant.
Mais encore une fois, tout le monde donne Lincoln gagnant à 1 contre 1. Même pas une pièce sur quelqu’un d’autre. Et un coureur se lance même dans une petite prédiction. « Sur la distance, Yannick est imbattable. On restera groupés, puis on va le voir grimper », avance ce dernier.
Scénario qui pourrait s’avérer au final. Et Yannick Lincoln, même s’il n’a plus cette si belle équipe, demeure un redoutable coureur… Pour la course d’aujourd’hui, on peut prédire qui sera le vainqueur. Ce qu’on ne peut prédire toutefois, c’est l’écart qui le séparera de son dauphin…