Une réunion très animée de plus de deux heures entre des habitants, regroupés en « Les Forces Vives de Trou-aux-Biches », et les autorités, a eu lieu jeudi soir au centre communautaire de Trou-aux-Biches, où ont été soulevées les questions liées à la criminalité, la sécurité, la drogue, l’environnement et autres qui affectent le village. Visiblement en colère, les animateurs du groupe, dont les principaux sont Rajesh Guttea et George Alexandre, ont fait feu de tout bois sur les représentants des autorités présents à cette réunion, dont la police, y compris celle de l’Environnement, le conseil du district de Pamplemousses, la National Transport Authority (NTA), la Tourisme Authority, entre autres.
« Il y a trop de guest houses et de chambres à louer à Trou-aux-Biches. Il se passe des mauvaises choses dans ces lieux », a lancé d’emblée Rajesh Guttea, avant d’ajouter, à l’intention des représentants de l’Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU) : « Pran not, ena ladrog sintetik ki pe sirkile dan sa bann landrwa la. » Selon lui, une quinzaine, voire une vingtaine d’adolescents habitant le village seraient accros à ces produits. « Ladrog ek la prostitution pe donn bal dan sa bann guest house la », a-t-il soutenu, avant que George Alexandre n’indique que le comité des forces vives a adressé une lettre au Commissaire de police pour que le permis de certaines guest houses ne soit pas renouvelé. Rien n’a été fait, selon lui. « Nou finn fatige ar guest house », a-t-il lancé. Selon lui, la drogue circule librement dans le village « et nos enfants en sont victimes. »
George Alexandre a parlé de l’insécurité routière « ki finn deborde » dans le village. Il a cité quatre blackspots où les autorités devraient marquer des lignes jaunes afin d’empêcher les véhicules de se garer. Il a aussi attiré l’attention de la police sur le fait que certains habitants ne respectent pas les lignes jaunes, critiqué la compagnie Triolet Bus Service (TBS) pour certains manquements, et parlé des terrains vagues en friches où se cachent des drogués et autres voleurs qui s’attaquent aux habitants, principalement des femmes, pour les voler. « Si les propriétaires ne nettoient pas leurs terrains, le conseil de district devrait prendre des actions contre eux », dit-il. Ce à quoi, le représentant du conseil a indiqué que « ce n’est plus comme avant, le conseil ne dispose d’aucun budget pour le faire ».
Le chef inspecteur Cooroopdass a, pour sa part, répondu à certaines interrogations des habitants en affirmant que « la police est au courant de cette situation et elle ne reste pas les bras croisés ». « Nous effectuons des patrouilles régulières le soir, avec le soutien de la Special Supporting Unit (SSU), en undercover. Nous détectons pas mal de délits, à l’instar de 325 cas de larceny qui ont été rapportés et 246 arrestations effectuées en 2015 ». Le sergent Rughoonundun a demandé aux membres des forces vives de dénoncer régulièrement les cas de trafic et de consommation de drogue à la police pour qu’elle puisse agir, et ce, « en tout anonymat ».
Pour le sergent Raj Doolooa, responsable de la Police de l’Environnement (Nord), Trou-aux-Biches peut être considéré comme un village privilégié à cause de son cachet touristique. « Nous avons fait nettoyer une cinquantaine de terrains en friche mais il y en a d’autres dont les propriétaires sont inconnus. Si vous les dénoncez, nous pourrons les poursuivre en justice », a-t-il déclaré, avant de rappeler avoir effectué trois sessions de ramassage de chiens errants dans la localité ces derniers temps. Du côté de la NTA et de la Tourism Authority, des visites sont prévues sur le terrain, ensemble avec les membres des forces vives de Trou-aux-Biches.