Les craintes des habitants de Trou-aux-Biches n’étaient pas sans fondement. Leur appréhension quant à l’accaparement de la plage publique pour des projets personnels, comme annoncée dans Week-End le 7 avril dernier, s’est finalement avérée hier après-midi quand, outre le barrage géotextile installé autour du parking, une JCB (pelleteuse) se trouvait aussi sur le site. Ce qui confirme le début des travaux pour la construction d’une cafétéria dont le propriétaire ne serait autre qu’un chef religieux très proche du Premier ministre Navin Ramgoolam. Habitants de la localité et pique-niqueurs étaient présents jusqu’à fort tard hier soir pour dénoncer cette situation qui prive Mauriciens et touristes de la plage publique. La mobilisation s’organise pour faire arrêter ces travaux, avec notamment une demande d’injonction en ce sens qui sera déposée en début de semaine.
C’est la présence des arpenteurs sur l’aire de stationnement située à côté de la National Coast Guard qui avait attiré l’attention des membres des forces vives une semaine plus tôt. Après enquête, ils ont ainsi appris que cet arpentage (5 à 7 perches environ) vise à la construction prochaine d’un bâtiment sur une partie de la plage en vue d’un Food Outlet. Hier après-midi, l’installation d’une JCB sur le parking de la plage, barricadé également par du géotextile, a fait monter la tension, confirmant les doutes des habitants de Trou-aux-Biches que ce morceau de la plage publique avait été cédé par les autorités à un individu pour son commerce. Selon les informations obtenues, ce bâtiment appartiendrait à un proche du Premier ministre. Information que Week-End a confirmée auprès de sources concordantes au niveau du ministère des Terres et du Logement. Cependant, au District Council, nul ne semble être au courant du projet, les appels de Week-End pour confirmer le Building & Land Permit dont disposerait le promoteur étant renvoyés de département en département.
Pour les habitants de la région “cette situation n’est pas normale. Pe donne la plaz cado ti copain”. Réunis au sein du Mouvement Solidarité de Trou-aux-Biches (MSTB), les membres des forces vives s’insurgent contre ce projet qui rétrécira davantage le peu d’espace dont dispose le public sur la plage déjà envahie par des transats. Ces quinze dernières années, disent-ils, les habitants ont assisté, “impuissants”, à la diminution de la plage publique. Outre le Trou-aux-Biches Hotel, désormais la construction de bâtiments sur la plage, notamment ceux de la NCG ou du Fisheries Post, fait que l’espace dédié aux activités du public est davantage restreint. Après la plage, la zone de baignade a aussi rétréci.