Après le marquage d’une croix rouge d’une trentaine de filaos sur la plage de Trou-aux-Biches, le ministère de l’Agro-Industrie a initié une enquête pour retrouver le ou les auteur(s). « Nous ne sommes en présence d’aucune demande de quelconque autorité pour l’abattage de ces arbres », précise le ministère. Les forces vives de la région affirment néanmoins être sur leurs gardes.
L’abattage envisagé d’une trentaine d’arbres sur la plage publique de Trou-aux-Biches a choqué plusieurs habitants et habitués de la localité. Les autorités, et plus précisément de département des bois et forêts du ministère de l’Agro-industrie, affirme n’être en présence d’aucune demande formelle pour cet exercice d’abattage sur cette plage publique. Un constat de visu des officiers de ce département, effectué le week-end dernier, a établi qu’à ce jour aucun abattage d’arbres n’a encore eu lieu, notant toutefois une croix rouge marquée sur une trentaine de filaos.
Ce qui étonne le plus les forces vives de la localité, à commencer par le Mouvement Solidarité de Trou-aux-Biches, c’est l’anonymat entourant ce marquage. « Person napa kone ki sann la inn fer sa. Du jour au lendemain, nous avons juste remarqué le marquage de filaos, ce qui est un indicateur de leur futur abattage », soutient Jacky Alexandre, conseiller de village et pêcheur de profession. Alerté, le ministère de l’Agro-industrie indique qu’une enquête est actuellement en cours. D’autant, précise-t-il, que « tout projet d’abattage sur des lieux publics, y compris les reserves des rivières et les routes, doit obligatoirement faire l’objet d’une demande en bonne et due forme auprès du ministère de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire ». Et d’avancer qu’en vertu des provisions de la Forest and Reserves Act 1983, tout abattage non autorisé relève d’un acte illégal et est passible de poursuites judiciaires.
Les habitants de Trou-aux-Biches pointent du doigt la destruction de cette plage publique très prisée, mais qui rétrécit à vue d’oeil. « La plage publique se retrouve coincée entre des développements hôteliers, la construction de restaurants, l’accaparement de portions par des agents politiques, ainsi que des transats et autres attractions touristiques, entre autres. L’année dernière, l’État a offert une partie de la plage publique, qui était utilisée comme aire de stationnement, pour la construction d’un restaurant par un autre proche du pouvoir. Aujourd’hui, nous constatons le marquage d’arbres, ce qui indique clairement que ces derniers seront détruits et donneront place à un nouveau parking », explique Jacky Alexandre. Et d’ajouter que l’espace marqué est actuellement utilisé par les habitants car il « procure un coin d’ombre ».
Jacky Alexandre déplore l’absence de communication entre les divers instances gouvernementales, principalement lors de l’élaboration d’un projet. Très remonté, ce dernier soutient que le Conseil du Village n’est pas tenu au courant des projets en cours. « Nous avons été élu pour défendre l’intérêt de la population, à commencer par les habitants de Trou-aux-Biches. Mais nous n’avons pas notre mot à dire sur les projets en cours. Alor bizin aboli eleksion vilaz puiski li pa servi nanie », laisse-t-il entendre.
Du côté du ministère de l’Agro-industrie, il est indiqué que le cas des filaos marqués sera référé aux autorités policières en vue d’initier des enquêtes approfondies et de prendre des actions appropriées contre le ou les coupable(s).