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  • 11 “patients” sur place retrouvent la liberté après des semaines en captivité

La CID de Bel-Air-Rivière-Sèche a appréhendé un informaticien de 54 ans et un jeune de 29 ans, tous deux soupçonnés d’avoir séquestré un mécanicien de 20 ans. Ce dernier a hier réussi à s’échapper d’un centre privé, qui était censé le guérir de son addiction à la drogue. Sauf qu’il avance qu’il aurait vécu « un véritable calvaire » dans ce lieu car il n’était pas autorisé à sortir pendant des semaines. De plus, les résidents sont sous-alimentés et sont battus par les responsables. « Cette méthode est censée guérir les toxicomanes », dit-il.

Hier après-midi, le plaignant a réussi à s’échapper du centre et s’est rendu directement au poste de police en soutenant que sa vie était en danger. Il avance qu’il aurait réussi à retirer l’antivol d’une fenêtre au deuxième étage et qu’il se serait jeté dans un buisson pour échapper à ses agresseurs. Une équipe menée par l’inspecteur Ramdhanee s’est alors rendue à morcellement Poonit, où le mécanicien leur a montré un bâtiment de trois étages, où il était séquestré pendant deux mois. Il a ajouté être en mesure d’identifier le groupe de responsables.

Le jeune homme a également montré à la police des blessures au corps. « Gramatin aswar zot inn bat mwa avek baton kokot bef e dibwa banbou », relate-t-il. Une fois sur place, la police a rencontré le conseiller de 29 ans, qui avance que son centre accueille les toxicomanes. La police a alors perquisitionné le lieu et est tombée sur 11 “patients” à l’intérieur. Dans une pièce, la police a découvert deux bâtons de bambou, un “kokot bef” et un tuyau PVC. Le plaignant a confirmé que c’est avec ces objets qu’il se fait agresser au quotidien. Il a alors identifié le facilitateur de ce centre qui est l’informaticien de 54 ans.

Les deux responsables ont été conduits à la CID de Trou-d’Eau-Douce, tandis que les 11 personnes séquestrées ont été priées de rentrer chez elles. Aucune d’entre elles n’a souhaité porter plainte à ce stade. Les suspects n’ont pas souhaité donner leur version des faits, avançant qu’ils parleront en présence de leurs avocats. Ils ont été placés en cellule hier soir et sont attendus ce mercredi en justice, où une accusation provisoire de séquestration sera retenue contre eux.

Le plaignant a, lui, été conduit à l’hôpital de Flacq, où il est placé en observation. Les enquêteurs ont appris que le propriétaire du bâtiment est un habitant de Terre-Rouge et qu’il a loué son emplacement au quinquagénaire. Il sera interrogé pour savoir s’il était au courant des activités qui se déroulaient sur place. Entre-temps, une équipe de police a été placée devant le bâtiment pour empêcher d’autres responsables de reprendre leurs activités. Selon nos renseignements, ce n’est pas la première plainte logée contre ce centre, qui ne possède aucune accréditation auprès du ministère de la Santé ou autre autorité compétente. L’enquête se déroule sous la supervision du surintendant Purmassur, assisté de l’ASP Bancharam.