La Eastern Federation of Pleasure Crafts Operators (EFPCO) soutient que plus de 70 % des plaisanciers opèrent clandestinement entre autres à Trou-d’Eau-Douce et l’île Aux Cerfs, résultant ainsi en un manque à gagner important pour les opérateurs de Trou-d’Eau-Douce. La Tourism Authority, elle, affirme que des mesures sont prises afin de verbaliser les contrevenants.
« Malgré notre permis d’embarcation de plaisance dans la région de Trou-d’Eau-Douce, beaucoup d’autres bateaux sont en train d’empiéter sur notre zone », s’indigne Darsan Racktoo, président de l’EFPCO. Plus de 70 % des plaisanciers opèrent dans l’illégalité, a-t-il soutenu lors d’une conférence de presse.
Selon l’EFPCO, ces opérateurs d’embarcations de plaisance, qui exercent en douce, emmènent leurs clients à l’Île-aux-Cerfs gratuitement ou à des tarifs modiques. Et une fois sur l’île, ils proposent des activités lucratives afin de compenser le voyage gratuit.
« Nous ne pouvons pas travailler ainsi. Nous avons des emprunts à rembourser et des travailleurs à payer. Ils offrent des prix si bas que nous sommes obligés d’arrêter nos opérations. Nous n’avons même plus d’argent pour payer l’essence », se lamente le président de l’EFPCO. Darsan Racktoo laisse notamment entendre que cela ferait des mois qu’ils n’ont pas fait de chiffres corrects.
En 2011 pourtant, le ministère du Tourisme avait annoncé l’instauration de points d’embarcation dans les régions de Trou-d’Eau-Douce, Camp-des-Pêcheurs, Deux-Frères et Grande-Rivière-Sud-Est. Ceux qui n’ont pas de permis d’opérer dans ces régions ne sont pas censés y travailler. Cette action visait à réduire le nombre croissant d’embarcations de plaisance exerçant dans une région déterminée. Or, selon l’EFPCO, « rien de concret n’a été fait jusqu’à maintenant et cela fait 10 ans que ça dure ».
Révoltée de la tournure prise par les événements, l’EFPCO demande notamment au ministère du Tourisme de prendre des actions légales contre les contrevenants et réclame un « licensing committee », qui regrouperait des représentants de leur secteur et de la Tourism Authority (TA) en vue de s’assurer que les embarcations de plaisance ont leur permis ; que la National Coast Guard (NCG) ou la police du tourisme surveille les points d’embarcation, et que soient révoqués tous les permis d’embarcation de ceux qui exercent en dehors de leur zone.
La TA soutient pour sa part que l’organisme se penche déjà sur ce problème qui affecte les opérateurs touristiques de Trou-d’Eau-Douce. Selon son directeur Niven Muneesany, la Monitering Unit de la TA, composée des officiers de la NCG et de la police du tourisme, effectue des visites surprises dans cette partie de l’île en vue de traquer les opérateurs illégaux. Des quelque 300 inspections cette année, poursuit-il, 200 contraventions ont été dressées à l’encontre des plaisanciers surpris hors de leur point d’embarcation ou qui ne répondent pas aux critères du permis en leur possession.
« J’ai entendu dire que les représentants de l’EFPCO souhaitent nous rencontrer. Nous sommes à leur disposition », a laissé entendre Niven Muneesany au Mauricien.