Le projet de reconversion culturelle du front de mer entre le Caudan Waterfront et l’Aapravasi Ghat revient sur le tapis. Lors de la dernière réunion du Fast Track Committee du ministère des Finances, le dossier d’un Cultural Hub dans cette partie de la capitale, sous le titre de Port-Louis Art Zone, a été présenté officiellement. La réalisation de cet ambitieux projet de développement urbain, comprenant des aménagements culturels et de loisirs, se fera dans le cadre d’un partenariat entre le gouvernement et des associés du privé. À ce stade, les investissements prévus sont de l’ordre de Rs 3,7 milliards. En ce sens, un Special Purpose Vehicle (SPV), avec la contribution du gouvernement sous forme de Prime Land avec des portées historiques avec des ressources financières du privé, sera mis sur pied. Présentant les grandes lignes de ce projet, les promoteurs mettent l’accent sur la nécessité de « give a boost to the local economy and bring a vibrancy to the region ».
En principe, la concrétisation du projet visant à donner un nouveau visage à la capitale s’échelonnera sur une période de deux ans. Les promoteurs misent sur la création de 1 600 emplois permanents et un objectif de 200 000 visiteurs. Les premières indications sont que le gouvernement a signifié son intention de mettre à la disposition des promoteurs les terrains nécessaires pour une période initiale de trente ans, dont le bail sera reconduit automatiquement pour une nouvelle période de trente ans.
Au chapitre de la Risk Mitigation, la formule de financement prévoit que « the promoters will carry the full load of bearing the risks associated with finances ». Par contre, toutes les opérations et le volet de gestion du Trou Fanfaron Cultural Hub seront sous la charge du Special Purpose Vehicle, qui sera mis sur pied avec « the returns to the government being in the form of financial payment the Special Purpose Vehicle in exchange of the land ».
Les principales caractéristiques du Trou Fanfaron Hub, dont l’objectif demeure la réhabilitation des immeubles avoisinants qui ont marqué l’histoire du pays — comme le Grenier, l’hôpital militaire Labourdonnais et la Poste Centrale — se déclinent comme suit :
un amphithéâtre dans l’espace réservé au parking de la State Property Devlopment Corporation (SPDC),
un Contemporary Multi-Purpose Hall pour accueillir des expositions et d’autres manifestations culturelles et artistiques, de même qu’une académie de danse et un musée, aussi bien qu’un Art Freeport, la National art Gallery, le Musée de l’Esclavage et un Musée des Civilisations,
un Boutique-Hotel de quelque 80 chambres comprenant une galerie d’art pour accueillir des collections privées avec facilités de salles de conférences et un parking pour quelque 400 véhicules au niveau du Grenier et,
une Digital Media Court avec des laboratoires et des studios de recherche en vue d’encourager le développement des Digital Arts, un espace dédié à des Children-Centered Exhibitions avec des « playground interactive media rooms and learning spaces » pour des étudiants du secondaire et du tertiaire dans les parages de l’hôpital militaire Labourdonnais et des locaux de Mauritius Post.
L’ambition déclarée du Trou Fanfaron Cultural Hub est de faire de la Port-Louis Art Zone un « narrator of history », remontant à l’hôpital Labourdonnais en 1740, le marché central en 1845, l’Aapravasi Ghat en 1849, la Poste centrale en 1870 et le Grenier en 1933, entre autres. « The Port-Louis Art Zone is strategically located between the Aapravasi Ghat, a UNESCO World Heritage Site, and the Waterfront, attracting thousands of foot trafic per day », note la documentation de présentation. La distribution spatiale entre les trois principales composantes du Trou Fanfaron Cultural Hub prévoit 16 800 mètres carrés pour la filière de l’Hospitality, 15 100 mètres carrés pour les activités artistiques et culturelles et 8 900 mètres carrés pour les Food Courts, magasins et Business Centre.
En parallèle au projet de réhabilitation culturelle du front de mer, le Fast Track Committee de la semaine dernière s’est également penché sur une série de projets, dont des investissements de Rs 850 millions dans une « integrated marina » avec un hôtel et des appartements dans la région de Grand-Baie. Le but ultime étant de transformer le paysage touristique dans le Nord. Ce projet devrait créer environ 200 emplois dans des créneaux du tourisme, des activités de tourisme et de construction navale.
Un projet de « mixed-use development », avec notamment des aspects résidentiels, d’écotourisme, de « Theme Park with indigenous flora and fauna » et des Nature Trails est envisagé sur une superficie d’une centaine d’arpents à Bois-Sec, St-Aubin. Il fait partie des 13 projets qui étaient à l’agenda des délibérations de l’Investment Fast Track Committee, avec des investissements annoncés de Rs 19 milliards et la création globale de quelque 5 000 emplois au cours des cinq prochaines années.