Le Vampire est une pièce en deux actes du dramaturge français Jean-Claude Youri, montée quarante ans après sa première représentation à Maurice en 1972 par Gaston Valayden. Trois séances sont prévues du 21 au 23 mars.
Une Polonaise de Chopin et des lumières allumées à chaque temps fort du piano éclaire une cellule. Le Vampire est une pièce de théâtre écrite par le dramaturge Youri, et mise en scène par Gaston Valayden en 1972. Traitant des affres de la peine de mort, cette pièce en français fut jouée à Maurice dans le cadre du Festival d’Art Dramatique organisé par le ministère de la Jeunesse et des Sports. La pièce avait raflé tous les prix. Le Vampire marque également les débuts de Gaston Valayden au service du théâtre.
Contestataire.
Plus de quarante ans après, le dramaturge est approché par le ministère des Arts et de la Culture, et se propose de monter la même pièce avec les comédiens de la Trup Sapsiway afin de marquer les soixante ans du Festival d’Art Dramatique en français. Une représentation publique est gracieusement proposée le jeudi 21 mars par le ministère de tutelle au Théâtre Serge Constantin à 20h. Deux autres sont prévues dans les locaux de la Trup Sapsiway à Roches Brunes, le vendredi 22 et le samedi 23 mars à la même heure.
Fidèle à un théâtre contestataire et à une vision anticonformiste posée sur un fait de société, comme en témoignent ses précédentes productions, dont Madogs of Diego, Gaston Valayden donne à réfléchir, avec Le Vampire, non seulement sur la peine de mort mais sur la machination. Notamment sur certains aspects non dits ou inavouables de l’exécutif face à l’opinion publique. Cette fiction, déclinée dans une mise en scène réaliste, est servie par Darma Mootien et de jeunes comédiens de la Trup Sapsiway : Christopher Ratsizaonen, Severine Perrine et Daren Vydelingum.
Mourir en héros.
Carolus (Christopher Ratsizaonen), surnommé Le vampire, est l’ennemi public numéro un. Mais cet homme de condition modeste est subitement reconnu innocent après l’aveu du véritable auteur du crime sordide dont il est injustement accusé. Le condamné à mort reçoit la visite du ministre de la Justice (Darma Mootien) en prison. Carolus apprend le maintien de sa condamnation malgré son innocence avérée. Car la vindicte populaire a besoin d’un coupable pour être apaisée. Même son épouse Zoé (Severine Perrine) porte déjà le deuil de celui qui est appelé à mourir. Celui qui, peut-être, est déjà mort…
Carolus est en ce sens un homme providentiel aux yeux de la police, de la justice et de l’abject ministre. Ce dernier le convainc d’accepter la peine capitale afin de mourir en héros, une condition plus honorable que sa misérable vie d’honnête citoyen. Sa liberté remettrait trop de choses en question. Vampirisé par le ministre, Carolus devra décider de son sort.
Le Vampire est une pièce à découvrir afin de se faire une idée des proportions extrêmes que peut prendre une dérive administrative face à l’opinion publique.