Le Premier ministre Navin Ramgoolam a procédé mercredi au lancement du livre de Benjamin Moutou, intitulé « Pages d’histoire  d’ici et d’ailleurs ». Il a rappelé à cette occasion que l’auteur était un des commissaires de la Commission Justice et Vérité. « Dix-neuf recommandations sont actuellement mises en oeuvre par le gouvernement », a-t-il dit.  Le suivi est assuré par un comité ministériel de coordination présidé par le VPM et ministre des Finances Xavier-Luc Duval. Cette commission, a rappelé le Premier ministre, avait été instituée pour se pencher sur l’esclavage et l’engagisme et leurs séquelles.
Le Premier ministre a insisté sur l’importance des historiens car, a-t-il précisé, tous ceux qui s’engagent dans un travail de documentation sur notre histoire participent à la construction d’une conscience nationale. « Un devoir de mémoire est crucial et l’histoire de Maurice demande à être documentée de façon scientifique et objective », a-t-il dit. « Nous n’avons pas le droit de permettre que l’histoire soit déformée par des pseudo-historiens », a-t-il déclaré, en insistant sur la discipline qu’impose l’écriture. « Écrire, c’est assumer une immense responsabilité vis-à-vis de soi, vis-à-vis des lecteurs et vis-à-vis de ceux qui ont marqué l’histoire et ceux qui la découvrent », a-t-il poursuivi. « Aujourd’hui, c’est grâce à la lutte de ceux qui l’ont menée à la sueur de leur front et quelquefois au péril de leur vie que nous sommes en mesure d’avancer et de construire un avenir pour les générations futures avec confiance et en toute sérénité », a-t-il dit. Il a souligné que les Mauriciens partagent un patrimoine commun, une histoire commune. « Nous sommes une population d’immigrants, nos ancêtres sont d’origines différentes et sont arrivés à des périodes différentes, dans des conditions différentes et sur des navires différents. Cependant, nous sommes une République citoyenne qui a un intérêt commun et qui avance vers un avenir commun. Chaque Mauricien est un citoyen à part entière avec les mêmes droits, les mêmes devoirs et les mêmes responsabilités », a-t-il insisté avant de parler des mesures prises par son gouvernement pour créer une République à opportunités égales. « Mon objectif est de construire une nation où l’égalité des chances est une réalité de la vie quotidienne où les descendants d’esclaves mettent derrière eux l’humiliation subie par leurs ancêtres. »
Pour sa part, l’ambassadeur de France Jean-François Dobelle a relevé que la préoccupation de l’auteur est de faire oeuvre utile. « Utile à tous et tout particulièrement à la jeune génération à laquelle vous souhaitez vous adresser en priorité. L’historien que vous êtes sait également se pencher sur les maux contemporains auxquels doivent faire face nos sociétés modernes en nous livrant une histoire de tabac, en évoquant au passage la douloureuse question de l’euthanasie », souligne-t-il. Il rappelle également que Benjamin Moutou a été un éminent membre de la Commission Vérité et Justice entre 2009 et 2011.
De son côté, Benjamin Moutou indique que « Les pages d’histoire d’ici et d’ailleurs » est son septième ouvrage consacré à l’histoire de Maurice. « Notre histoire ne date que de quatre siècles mais en dépit de notre position excentrée dans le Sud-Ouest de l’océan Indien, pratiquement tous les événements mondiaux ont influé sur notre devenir, que ce soit la Révolution française de 1789, l’ouverture du canal de Suez en 1869 ou encore les aléas du marché sucrier, le phénomène de la décolonisation des empires, et l’évolution de la propriété foncière à Maurice. » Il a affirmé s’être également intéressé à Rodrigues qui avait été négligée par les autorités coloniales jusqu’à l’indépendance.