Le Brexit a rendu le cadre économique global « de plus en plus incertain », a souligné hier le ministre des Finances, Pravind Jugnauth, qui participait hier avec l’ambassadeur de l’UE, Marjaana Sall, au lancement de l’appel à projets sous le Programme de coopération décentralisée (DCP). « Le monde des affaires est affecté par l’incertitude. Toutefois, nous sommes convaincus de pouvoir traiter avec nos partenaires pour corriger les inégalités économiques », a dit Pravind Jugnauth.
Lors d’une déclaration à la presse, Pravind Jugnauth a expliqué que Maurice entretient des relations « très correctes » avec l’Union européenne (UE). « Il nous faut faire en sorte de consolider nos relations avec la communauté européenne », a-t-il dit. S’appesantissant sur les incertitudes provoquées par le Brexit, le ministre des Finances s’est demandé quel sera l’accord qui sera conclu entre l’UE et la Grande-Bretagne. Personne ne le sait, car « les Anglais n’ont donné aucune indication ». Selon lui, à Maurice, le gouvernement et le secteur privé se sont engagés dans une réflexion à ce sujet ainsi que sur la manière dont le pays réagira à la lumière des différentes options possibles. « L’UE et la Grande-Bretagne sont des partenaires commerciaux. Nous tiendrons en compte l’évolution de la situation afin d’apporter les ajustements nécessaires », a affirmé Pravind Jugnauth.
Pour sa part, l’ambassadeur Marjaana Sall a expliqué que la Grande-Bretagne est toujours membre de l’UE, car elle n’a pas encore envoyé à Bruxelles de notification aux termes de l’article 50 du traité de Lisbonne. « Cette notification est un document légal formel et sans ambiguïté. Une fois celle-ci envoyée, on commencera les négociations, qui dureront deux ans. Toutefois, on ne sait quelle relation le Royaume-Uni entretiendra avec le marché européen puisque les négociations n’ont pas encore commencé », a-t-elle expliqué.
Concernant les projets DCP, Pravind Jugnauth a observé que, depuis 2006, l’UE a dépensé près de Rs 1 milliard pour le renforcement des capacités des Ong à travers les appels à propositions. Plusieurs centaines de projets ont été mis en oeuvre à Maurice et à Rodrigues. Le ministre des Finances a également rappelé que l’aide apportée par l’UE à Maurice depuis 1974 « a bénéficié à tous les secteurs économiques du pays ». Bien que Maurice, en tant que pays à revenu élevé, ne soit pas qualifiée pour l’aide européenne, le 11e FED a prévu quelque Rs 400 M pour soutenir l’éducation tertiaire.
Marjaana Sall a ensuite expliqué que le DCP a soutenu des projets dans des domaines prioritaires, comme les droits de l’homme, l’éducation, l’agriculture, les femmes, les enfants, le handicap, la santé, l’égalité des femmes et des hommes, l’entreprenariat féminin, l’environnement et le changement climatique. Ces thèmes sont prioritaires pour l’UE de même que pour Maurice. L’UE, souligne-t-elle, favorise le renforcement des capacités des Ong à travers la formation et l’appui financier, et ce pour les rendre plus efficaces dans leur combat contre la pauvreté et encourager leur contribution à une croissance inclusive et durable.
L’accord qui a été signé hier porte sur le lancement d’un nouvel appel à projets pour un montant global de Rs 70 M. Ce financement permettra aux organisations de la société civile et aux autorités locales d’améliorer leurs services auprès des plus démunis. Il ciblera trois thèmes particuliers, soit l’allégement de la pauvreté, la santé maternelle et l’environnement durable, lesquels sont essentiels à la réalisation des Objectifs de développement durable. L’appel à projets est ouvert aux Ong, aux autorités locales à Maurice et à Rodrigues, ainsi qu’aux commissions de l’Assemblée régionale de Rodrigues.